L'instrumentation fait sa révolution

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L'instrumentation fait sa révolution
L'instrumentation fait sa révolution
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© Motorlegend

, publié le 27 janvier

L'automobile est en pleine mutation et avec elle tous ses équipements. Mais il aura fallu un certain temps à l'instrumentation pour être débarrassée des très lisibles compteurs à aiguilles. Jusqu'à la présentation du Virtual Cockpit d'Audi en 2014, seuls de petits écrans LCD les complétaient pour afficher les diverses infos de l'ordinateur de bord, sans pour autant bouleverser l'ordre établi. Ensuite, tout s'est accéléré et la métamorphose engagée devrait se poursuivre dans les années à venir avec des promesses de “cockpit intelligent”.

Au salon CES de Las Vegas, en 2014, Audi présente sa nouvelle TT et avec elle une façon inédite d'envisager l'austère combiné d'instrumentation. Désormais, un écran numérique de 12,3 pouces intègre le tableau de bord avec la possibilité d'afficher de nombreuses informations et notamment la navigation. L'idée était alors de se passer de l'écran central afin d'épurer la console du coupé située entre les passagers. Par la suite, cette technologie est très vite diffusée. D'abord sur d'autres modèles de la marque, puis dans ceux du groupe Volkswagen. Elle est également adoptée par les autres constructeurs, généralement en association avec un écran central tactile cependant.

À partir de là, les choses s'accélèrent pour en proposer toujours plus. Plus de fonctionnalités plus ou moins utiles, plus de modes d'affichage, plus de personnalisation. Avec le temps, c'est tout l'habitacle qui commence à se numériser à grands renforts de caméras, micros et capteurs. Ainsi, une fois la commande vocale arrivée un peu chez tout le monde, avec une efficacité d'abord très moyenne, c'est BMW qui a innové en proposant la commande gestuelle. Celle-ci permet par exemple de gérer le système audio avec quelques gestes simples... parfois trop simples même, puisqu'un mouvement involontaire de la main peut changer inopinément de station de radio.

Un futur ultraconnecté

Tandis que le constructeur bavarois insiste pour proposer de multiples façons de diriger son système d'infodivertissement, d'autres se font un peu plus économes. Néanmoins c'est vers ce que propose BMW que la suite va tendre, avec toujours plus de solutions pour que chaque conducteur puisse utiliser son véhicule selon ses envies. C'est également en ce sens que travaille Microsoft et le groupe français d'ingénierie et de production d'équipements automobiles Faurecia, ou encore le groupe Stellantis associé à l'industriel taiwanais Foxconn. Ce second duo, dont le partenariat a donné forme à l'entreprise Mobile Drive, entend même devenir un leader de l'habitacle du futur, non seulement en faisant bénéficier toutes les marques du groupe des avancées technologiques qui verront le jour, mais également en s'exportant chez les constructeurs intéressés.

Qu'il s'agisse de Faurecia ou de Mobile Drive, l'idée demeure similaire en proposant des expériences utilisateurs de nouvelle génération en se reposant, entre autres, sur la désormais incontournable intelligence artificielle. Chez Mobile Drive on promet de développer “des cockpits intelligents pour véhicules, en rupture avec les modes de conception actuels, ce qui favorisera le développement de véhicules connectés intelligents”. Pour ce faire, l'entreprise travaillera sur l'infodivertissement, la télématique, ainsi que sur une plateforme de services de type “infonuagique” (stockage des données et des logiciels sur internet). ”Sa feuille de route en termes d'innovations logicielles comprendra, entre autres, des applications basées sur l'intelligence artificielle, la navigation, l'assistance vocale, les opérations de ‘e-commerce' et l'intégration des services de paiement. Les innovations ‘hardware' seront liées au cockpit intelligent et au boîtier télématique.” Pour Faurecia, l'habitacle de nos véhicules deviendra une extension de nos environnements personnels et professionnels, nous permettant de passer de l'un à l'autre sans rupture numérique. En connectant toutes les fonctionnalités de la voiture à d'autres extérieures, il sera ainsi possible de proposer, via des mises à jour à distance régulières, des solutions évolutives venant enrichir l'expérience à bord et améliorer la sécurité.

Au sein de ces “cockpits intelligents”, l'informatique de pointe, les réseaux 5G, ainsi que l'IA et les services logés dans le “cloud” permettront aux occupants de rester connectés, productifs et divertis. Mais ils amélioreront également leur confort et leur bien-être. C'est dans cette dernière optique que Faurecia travaille à relier les diverses parties qui constituent l'habitacle, que ce soit les sièges, la planche de bord ou le système de climatisation. L'idée annoncée est que les passagers se sentent mieux à la fin du voyage qu'au début. Pour cela, le système s'appuiera sur les capteurs et caméras embarqués ainsi que sur les appareils portables afin de surveiller en temps réel chaque occupant. Température de la peau, rythme cardiaque ou respiratoire et pression sanguine seront ainsi contrôlés pour détecter du stress, de la fatigue ou le mal des transports. Le véhicule pourra dès lors ajuster de lui-même divers paramètres comme la climatisation (puissance, sens, température) et les réglages de chaleur ou de ventilation des sièges. Via l'analyse contextuelle, l'intelligence artificielle apprendra en outre à anticiper les préférences de chaque utilisateur. Enfin, en intégrant des panneaux rayonnants aux sièges, volant, console, panneaux de portes et tableau de bord, il serait possible de cibler des zones spécifiques du corps plutôt que de réguler la température de l'habitacle entier, avec à la clé, potentiellement, une réduction de la consommation d'énergie.

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