Dacia : à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire

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Dacia : à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire
Dacia : à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire
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© Motorlegend
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, publié le 19 juillet

Depuis la présentation de la première Logan, en 2004, le succès de la marque low-cost du groupe Renault est indéniable. Initialement imaginée pour les marchés en voie de croissance (Amérique du sud, Europe de l'est...), ces roumaines ont finalement conquis l'Union Européenne. Ainsi, la Sandero est la voiture la plus vendue aux particuliers dans l'Hexagone. Si cette réussite peut surprendre sur nos marchés que l'on prétend toujours plus féru de sophistication, l'absence de riposte des concurrents étonne encore davantage.

Avec environ 7% du marché tricolore, Dacia est désormais la deuxième marque étrangère la plus vendue, derrière Volkswagen. Pourtant, son succès ne repose que sur deux modèles, la Sandero et le Duster. En effet, la Logan a quitté notre marché, tout comme le Dokker. Et le Lodgy s'écoule au compte-gouttes. Voilà qui devrait attiser l'appétit des géants européens. Mais, les intentions longtemps prêtées aux groupes PSA (désormais Stellantis) et Volkswagen ne se sont, jusqu'à présent, jamais concrétisées.

Du côté de PSA, on a bien tenté, avec le concept de « voiture essentielle », de faire de Citroën une marque plus abordable. Mais l'écart de prix entre les Sandero et C3 d'entrée de gamme est d'environ 6 000 €. Un gouffre ! Fiat pourrait également jouer le rôle de rivale crédible à Dacia, mais sa gamme ne repose aujourd'hui que sur la 500 et ses dérivés, qui jouent de leur image branchée pour s'afficher à des tarifs élevés, et la Tipo, qui exige au moins 15 000 €. Stellantis pourrait toutefois piocher dans sa large gamme de modèles vendus sur le marché sud-américain, composés d'autos plutôt modernes (la citadine Fiat Argo, le SUV Fiat Pulse...) et, surtout, dotées de moteurs pouvant fonctionner au bio-éthanol. Ce qui leur donnerait, vu le prix au litre de ce carburant (environ 0,70 €), un avantage majeur sur les Dacia qui ne proposent que des moteurs essence, Diesel ou à bi-carburation essence/GPL.

Chez Volkswagen, on a bien créé une marque low-cost, Jetta, mais elle est réservée au marché chinois.

Avec seulement trois modèles (la VA3 dérivée de la VW Jetta des années 2000, le VS5 dérivé du Seat Ateca, et le VS7 qui est une version allongée du précédent), cette marque née en 2019 s'accapare déjà 1% du marché chinois. Les tarifs de base affichés (l'équivalent de 8 600 € pour la VA3, de 11 100 € pour le VS5 et de 14 000 € pour le VS7) en feraient de redoutables rivales pour les Dacia sur notre marché. D'autant que les deux SUV utilisent la même plateforme MQB que les VW Golf et Tiguan, ce qui leur permettrait de répondre aux normes de sécurité européennes sans modifications majeures. Le hic se cache sous le capot, les moteurs étant tous d'ancienne génération. Et intégrer les modernes TSI sous le capot des Jetta ferait immanquablement grimper leur prix.

A la vue de ces difficultés, on prend encore plus conscience du tour de force réalisé par Dacia qui parvient désormais à vendre, tout en gardant des tarifs imbattables, des Sandero dont le contenu technologique est presque aussi fort que celui de l'actuelle Renault Clio. Un avantage qui devrait lui permettre de demeurer encore longtemps la seule marque low-cost crédible en Europe. A moins que de nouvelles marques asiatiques, notamment chinoises, parviennent à se construire très rapidement une image, et un réseau, chez nous.

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