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Y a-t-il (beaucoup) trop d'écrans à bord de nos voitures ?

© Mercedes-Benz, Media365

La plupart des nouveaux modèles qui sortent aujourd'hui sur le marché ont un point commun : leur habitacle est noyé sous les écrans, toujours plus grands mais de moins en moins pratiques, qui soulèvent de sérieuses questions pour la sécurité.

Il suffit de regarder les nombreuses nouveautés présentées au Salon de Munich au mois de septembre pour mettre en lumière un phénomène qui commence à être agaçant : l'omniprésence des écrans à bord de nos voitures, qui deviennent en outre de plus en plus grands. La tendance a été généralisée par les constructeurs automobiles chinois, dont la clientèle raffole de tout ce qui est connecté, le trait a été grossi par Tesla, et, désormais, toutes les marques s'y mettent. Le nouveau BMW iX3 a inauguré par exemple un bandeau digital large de 1,10 m qui parcourt tout le pare-brise, le Mercedes-Benz GLC une dalle de 39 pouces de diagonale, près d'un mètre ! Qui dit mieux ?

Des gadgets plus que des assistants

Alors certes, il s'agit ici de modèle au positionnement premium, mais les constructeurs généralistes ne sont pas en reste non plus, comme on a pu le voir sur les nouveaux Peugeot 3008, Citroën C5 Aircross ou Volkswagen Tayron. Le premier problème, c'est qu'à cause de toutes ces interfaces, le prix des voitures neuves ne cesse d'augmenter, et ce alors que les modèles électriques et hybrides qui fleurissent partout sont déjà bien plus chers que leurs homologues thermiques. On assiste même à l'introduction de clés connectées avec écran intégré, de rétroviseurs caméras ou d'écrans de courtoisie pour le passager avant. Des « gadgets » qui présentent aussi des risques pour la sécurité.

Des enjeux pour la sécurité

Menus, sous-menus, applications : les écrans deviennent tellement sophistiqués qu'ils remplacent dans de nombreux modèles les bonnes vieilles commandes physiques qui permettaient de contrôler facilement la climatisation, le multimédia ou la programmation des aides à la conduite. Il faut désormais naviguer dans plusieurs rubriques pour trouver ces fonctions aussi simplistes, ce qui implique de détacher pendant plusieurs secondes son regard de la route, irresponsable quand on se trouve au volant. L'ancien patron d'Alfa Romeo avait déclaré en amont du lancement du Junior de ne pas vouloir faire « des iPads avec une voiture autour ». Espérons que les autres marques entendront elles aussi cet appel.

publié le 23 octobre à 07h00, Quentin Pannaud, Media365

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