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Waze : dans l'enfer du quotidien des riverains

© Shutterstock, Media365

Chaussée dégradée, nuisances sonores et visuelles, sécurité des piétons : les itinéraires proposés par l'application de navigation Waze perturbent la tranquillité de nombreuses communes en France. Et pour l'instant, aucun texte de loi n'encadre réellement l'usage d'applications de navigation.

Ces dernières années, la montée en puissance des applications de navigation comme Waze , qui adaptent leurs itinéraires en temps réel en fonction du trafic, est devenue un véritable enfer pour les riverains de certaines communes. Sur le papier, ces applications promettent à leurs utilisateurs de leur faire gagner de précieuses minutes sur leurs trajets en leur indiquant les itinéraires les plus rapides. Seulement, on voit de plus en plus de quartiers résidentiels, autrefois tranquilles, se transformer en boulevards urbains, victimes collatérales de ces algorithmes qui optimisent le trajet individuel au détriment du collectif. « C'est invivable, c'est un raffut, c'est dangereux et il y a aussi un problème d'agressivité », expliquait au micro de TF1 un Vendéen victime de ce trafic incessant sous les fenêtres de sa maison.

Les riverains et leurs élus se mobilisent

À force de subir cette circulation parasite, des habitants excédés installent des pancartes , interpellent leurs élus, et s'en prennent aussi parfois directement aux automobilistes. Et les altercations sont devenues monnaie courante face à des automobilistes qui « ne voient pas le problème » (dixit TF1) et ne comprennent même pas pourquoi ils traversent ce quartier, se contentant de suivre l'itinéraire indiqué sur l'application. Waze, propriété de Google, se défend de toute responsabilité directe, expliquant que son rôle se limite à suggérer des trajets selon les données de circulation en temps réel. Mais pour les maires des communes concernées, la situation peut vite devenir un cauchemar sur le plan de la sécurité et de la dégradation des chaussées.

Pas encore de loi d'envergure

Certaines municipalités tentent donc de contourner le problème en modifiant le sens des rues, en installant des ralentisseurs , ou en déclarant certaines zones « routes locales » non ouvertes au transit. Mais dès qu'une restriction de circulation dans ce genre apparaît, l'application l'intègre, la contourne, ou la remplace par un autre passage qui parfois ne fait que déplacer le problème. Et malheureusement, en l'état, il n'existe pas de moyen d'endiguer véritablement le problème. Seule la loi LOM de fin 2019 a permis l'adoption d'un amendement qui encadre l'utilisation des données de navigation. Depuis un décret d'août 2022, les applications GPS doivent aussi, sous certaines conditions, proposer des itinéraires qui ne font pas gagner plus de 10% de temps de trajet restant par rapport à l'itinéraire principal, afin de limiter le trafic de transit dans les zones résidentielles ou sur les petites routes, sauf en cas d'accident ou de travaux. Pour le reste, aucune proposition de loi ne semble pour le moment émerger pour mieux encadrer ces applications.

publié le 18 décembre à 08h35, Quentin Pannaud, Media365

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