Voitures dans les centres-villes : qu'en pensent les Français ?
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Une étude s'est penchée sur le rapport qu'entretiennent les Français vis-à-vis de la voiture en centre-ville, et les avis sont très tranchés.
Depuis plusieurs années, de nombreuses municipalités déploient différents moyens pour restreindre l'accès des voitures à leur centre-ville, avec, par exemple, la mise en place des zones à faibles émissions (ZFE), l'extension des zones à trafic limité (ZTL), mais aussi des politiques de piétonnisation, la création de voies réservées aux vélos et aux transports en commun, ou l'imposition du système Crit'Air, entre autres. Ces mesures, qui sont justifiées par des enjeux écologiques et de santé publique, redessinent le paysage urbain. Mais elles soulèvent aussi une question sensible : jusqu'où peut-on aller sans restreindre la liberté de déplacement des Français ? Et justement, qu'en pensent les principaux intéressés ?
72% des Français s'opposent à l'interdiction des voitures
Une enquête récemment menée par la plateforme Mon Avis Citoyen a révélé qu'une très large majorité des Français - 72%- s'oppose à l'interdiction des voitures dans les centres-villes. Un rejet massif que l'on retrouve chez la plupart des catégories d'âge interrogées, avec une légère nuance toutefois chez les jeunes adultes de 18 à 29 ans, qui y sont hostiles à 67% « seulement ». Si la part des défenseurs de l'interdiction diminue légèrement (de 27% à 26%), le rapport à la voiture semble donc encore très profondément ancré dans les habitudes des Français.
Des justifications diverses
Mais pourquoi un tel rejet de la mouvance anti-voitures ? La première préoccupation touche à la mobilité. En effet, les personnes interrogées se plaignent d'une carence dans les alternatives de transport. Près d'un quart des sondés invoquent l'insuffisance ou le mauvais fonctionnement du système de transports collectifs, ce qui rend de facto la voiture indispensable, surtout dans les villes moyennes ou les zones rurales mal desservies. Vient ensuite la défense de la liberté individuelle, perçue comme mise à mal par cette interdiction pour 24% des personnes interrogées. Et enfin l'impact économique, cité par 18% d'entre elles : crainte d'une perte de dynamisme commercial des centres-villes, et de la difficulté d'accéder aux commerces et aux services. À l'inverse, les enjeux écologiques ou de réduction de la pollution n'apparaissent que secondairement : ils sont mentionnés par seulement 10% des personnes interrogées. À moins de deux ans des élections municipales, la question de la voiture en centre-ville cristallise donc toujours autant les tensions...
publié le 1 septembre à 07h00, Quentin Pannaud, Media365