Voitures d'occasion importées de l'étranger : gare aux kilométrages trafiqués !
© Shutterstock, Media365
Une étude de carVertical atteste que 65% des concessionnaires français spécialisés dans la vente de voitures d'occasion importent régulièrement des véhicules venus de l'étranger. Le problème, c'est que ceux-ci présentent 1,8 fois plus de risque d'avoir leur kilométrage trafiqué !
Le marché français de la voiture d'occasion s'appuie de plus en plus sur les importations venues de l'étranger, qui représentent à elles seules près d'un tiers des transactions selon l'Indice de Transparence établi par la société spécialisée carVertical. Mais cette ouverture du marché de la seconde main aux véhicules venus de l'étranger n'est pas sans risque : une voiture importée présente en moyenne 1,8 fois plus de chances de voir son kilométrage trafiqué qu'un véhicule acheté dans l'Hexagone ! Un phénomène qui ne relève pas du hasard, mais trouve son origine dans les failles d'harmonisation du marché européen de l'occasion, et notamment l'absence d'un registre automobile unifié, et d'échanges de données entre les différents États.
65% des concessionnaires importent des voitures de l'étranger
Selon l'étude de carVertical, environ 65% des concessionnaires interrogés déclarent importer régulièrement des véhicules d'occasion depuis l'étranger, ce qui traduit la forte dépendance du marché français vis-à-vis des échanges transfrontaliers. Si cette pratique permet d'élargir l'offre et de proposer parfois des modèles à la fois récents et attractifs, elle multiplie en même temps les risques liés à des kilométrages falsifiés ou à des dommages dissimulés. Les professionnels en sont conscients : un vice caché peut se transformer en perte financière considérable, et entacher durablement leur réputation.
Fournir un historique détaillé pour chaque véhicule
Mais comment s'en prémunir ? Plus de la moitié des concessionnaires importateurs déclarent vérifier systématiquement l'historique de chaque véhicule , tandis qu'un tiers seulement effectue ce contrôle uniquement pour les modèles venus de l'étranger. Fait révélateur, seuls 13% ne réalisent une vérification que lorsque le véhicule appartient au segment premium. Une évolution qui montre que pour les professionnels, l'origine d'un véhicule est perçue comme un facteur de risque plus déterminant encore que son prix d'achat.
Le segment premium montre l'exemple
Mais tous ne sont pas de mauvais élèves, et dans le segment premium, la fourniture d'un historique s'impose peu à peu comme un gage de sérieux et un véritable argument de vente : 50% des concessionnaires le proposent systématiquement, contre 46,7% dans le milieu de gamme et seulement un tiers pour les modèles d'entrée de gamme. Le partage proactif de ces informations devient ainsi un levier commercial permettant de justifier un prix élevé, mais aussi de consolider la relation de confiance entre vendeur et acheteur. Cette dynamique de transparence tend à s'étendre à l'ensemble du marché, et comme le rappelle l'expert Matas Buzelis, seule une traçabilité rigoureuse permettra de protéger à la fois les consommateurs et les professionnels, tout en assurant la crédibilité et la stabilité du marché européen de l'occasion.
publié le 10 février à 05h00, Quentin Pannaud, Media365