Vers la fin du 80 km/h ? Le retour progressif au 90 sur les routes françaises
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Huit ans après l'instauration de la limitation à 80 km/h, de plus en plus de départements choisissent de faire machine arrière. Entre contestation des automobilistes, doutes sur l'efficacité de la mesure et décisions politiques locales, la vitesse sur les routes secondaires redevient un sujet de discorde.
Mise en place en 2018 pour améliorer la sécurité routière, la limitation à 80 km/h n'a jamais fait l'unanimité. Si elle devait permettre de réduire significativement la mortalité, elle a surtout suscité frustration et incompréhension chez de nombreux conducteurs. Aujourd'hui, alors que 53 départements ont décidé de repasser à 90 km/h, dont l'Eure cette semaine, la question se pose : assiste-t-on à la fin progressive du 80 km/h en France ?
Dissonance entre départements : un danger pour les automobilistes
Dans l'Eure, les automobilistes peuvent à nouveau rouler à 90 km/h sur plusieurs axes depuis ce lundi 9 février. Une décision bien accueillie par une partie des usagers, qui y voient un gain de temps et une conduite plus fluide. Mais cette évolution crée aussi de la confusion, notamment pour ceux qui circulent entre plusieurs départements, comme la Seine-Maritime voisine, restée à 80 km/h. Entre zones à 80 et 90 km/h, certains reconnaissent passer davantage de temps à surveiller leur compteur qu'à observer la route, ce qui peut s'avérer contreproductif. Cette hétérogénéité complique la lecture du réseau routier et interroge sur la cohérence nationale des limitations.
Six ans de débats, toujours pas de réponse claire
Depuis une circulaire publiée en 2020, les départements sont libres de relever la vitesse sur certaines routes. Résultat : plus de cinquante territoires ont déjà fait ce choix. Pour de nombreux élus, comme le sénateur Hervé Maurey, la mesure des 80 km/h n'a pas produit les effets espérés sur la sécurité routière. Localement, le retour au 90 km/h représente également un investissement important, avec des centaines de panneaux à remplacer. De leur côté, les automobilistes dénoncent une limitation trop contraignante, parfois source de stress et d'agressivité au volant. Pourtant, les autorités rappellent que la vitesse reste la première cause de mortalité sur les routes françaises. Cette nouvelle adhésion au « camp du 90 km/h » remet sur la table la question des inégalités territoriales du Code de la route, créant des différences de traitement et un risque supplémentaire pour les usagers. Une harmonisation nationale semble désormais nécessaire pour mettre fin à six années de débats entre le 80 et le 90 km/h.
publié le 16 février à 07h00, Sébastien Vanhouche, Media365