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Un asphalte révolutionnaire testé aux États-Unis : bientôt sur nos routes ?

© Shutterstock, Media365

Recycler des tonnes de plastique tout en améliorant l'état de nos routes peut sembler utopique. Pourtant, aux États-Unis, des chercheurs expérimentent un nouvel asphalte intégrant du plastique recyclé afin de rendre les chaussées plus résistantes tout en réduisant les déchets.

Chaque année, plus de 400 millions de tonnes de plastique sont produites dans le monde, mais à peine 10 % sont recyclées. Face à ce constat, une équipe de chercheurs travaille sur un asphalte modifié capable d'intégrer des déchets plastiques directement dans la structure de la chaussée. Testée actuellement sur un tronçon expérimental au Texas, cette solution pourrait représenter une avancée intéressante pour la construction et l'entretien des routes.

Asphalte + plastique = solution

Comment fabrique-t-on cet asphalte nouvelle génération ? Le principe consiste à remplacer environ 8 à 10 % du bitume traditionnel par du plastique fondu issu de déchets ménagers, comme des sacs ou des bouteilles. Une fois nettoyé puis broyé en flocons, ce plastique est mélangé à l'asphalte à haute température afin d'être intégré à la structure même de la chaussée. Pour un kilomètre de route à une voie, environ 4,5 tonnes de plastique recyclé seraient nécessaires. Rapporté au plus d'un million de kilomètres de routes en France, le potentiel de recyclage pourrait donc être important.

Bien plus résistant qu'une route classique

Intégré à la structure de la chaussée, le plastique agit comme un renfort. Le revêtement gagne en souplesse et résiste mieux aux fortes chaleurs ainsi qu'au trafic intense. Dans des régions chaudes comme le Texas, où les températures dépassent régulièrement les 40 °C, cette amélioration limite la déformation du bitume et ralentit l'apparition des fissures et des nids-de-poule. Moins de dégradations signifie aussi moins de réparations, et donc des coûts d'entretien potentiellement réduits pour les collectivités.

Une innovation prometteuse, mais avec des obstacles

Si les premiers tests sont jugés encourageants, la généralisation de cette technologie dépend encore de plusieurs facteurs. Le principal défi concerne l'approvisionnement en plastique recyclé de qualité et correctement trié. Tous les plastiques ne peuvent pas être utilisés, ce qui suppose une filière de tri efficace, encore insuffisante dans certains pays. Sur le plan environnemental, ces routes du futur semblent toutefois prometteuses. Les premières analyses indiquent que les rejets de microplastiques resteraient très faibles, et inférieurs à ceux générés par l'usure des pneus. Si ces résultats se confirment, cette innovation pourrait séduire d'autres régions du monde, y compris l'Europe. Reste à mettre en place des filières de recyclage locales capables d'alimenter ce type de projet à grande échelle.

publié le 21 mars à 07h00, Sébastien Vanhouche, Media365

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