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Stellantis : Le départ de Jean-Philippe Imparato acte la fin de l'influence française ?

© Icon Sport, Media365

Le départ du patron de Stellantis&You et de Maserati, le Français Jean-Philippe Imparato, marque la fin de l'influence française au sein de Stellantis. Depuis le remerciement de Carlos Tavares fin 2024, le groupe est en effet accusé de privilégier les intérêts italiens au détriment de ceux de l'Hexagone...

Les mouvements internes et les départs de dirigeants sont fréquents dans l'industrie automobile, et le groupe Stellantis n'y déroge pas. Après le départ de Carlos Tavares de la direction du groupe en décembre 2024, le directeur des achats, Maxime Picat, avait à son tour quitté l'entreprise à l'été 2025. Toujours l'année dernière, Yves Bonnefont, responsable du logiciel, Brigitte Courtehoux, directrice de Free2Move, et Olivier Bourges, responsable de l'expérience client, ont aussi pris la porte de sortie. Qu'ont-ils tous en commun ? Ils sont pour la plupart Français et d'anciens dirigeants de Peugeot Société Anonyme (PSA). Aujourd'hui, un autre Frenchie annonce son départ : Jean-Philippe Imparato, dernier grand dirigeant français encore présent au sommet de Stellantis.

Jean-Philippe Imparato, un Français encombrant ?

Cet ancien protégé de Carlos Tavares était quelque peu descendu en grade depuis le départ de son mentor . Après avoir pris la direction de l'Europe en 2016 sous l'ère PSA, il avait été nommé directeur général d'Alfa Romeo en 2021 , puis avait retrouvé la direction de l'Europe en 2024. Depuis la fin de l'ère Tavares, il avait été rétrogradé à la direction de Stellantis&You en juin 2025, la filiale de succursales appartenant en propre au groupe franco-italo-américain. Il avait également pris la tête de Maserati, alors la marque la plus malade du groupe Stellantis. Aujourd'hui, son départ, qui n'a en soi rien d'inhabituel puisque la plupart des cadres supérieurs jouent aux chaises musicales dans l'industrie automobile, symbolise malgré tout un sacré basculement : celui d'un groupe Stellantis désormais davantage tourné vers ses intérêts italiens que vers ses intérêts français.

Des Italiens à la plupart des postes clés

John Elkann, qui est président du groupe et représente les intérêts de la famille Agnelli, à l'origine de la création de Fiat, s'est en effet affairé à placer des Italiens à la tête des postes clés, à commencer par la direction générale confiée à Antonio Filosa en mai 2025. La direction de l'Europe a été confiée à Emmanuele Capellano, celle d'Alfa Romeo à Santo Ficilli, et celle de Stellantis&You à Luca Napolitano. Cette « italianisation » du groupe, qui compte cinq marques nationales (Abarth, Fiat, Lancia, Alfa Romeo, Maserati), n'est pas due au hasard : la présidente du Conseil, Giorgia Meloni, n'avait pas caché son mécontentement à l'époque de la gouvernance de Carlos Tavares, qu'elle soupçonnait de privilégier les intérêts français au détriment des intérêts italiens. Des désaccords illustrés notamment par le changement de nom forcé de l'Alfa Romeo Milano, devenue junior, car non produite en Italie, ou par la Fiat Topolino qui avait dû retirer ses drapeaux italiens sous prétexte qu'elle est produite à Kénitra, au Maroc. Le départ de Jean-Philippe Imparato vient aujourd'hui entériner un profond changement dans la gouvernance du groupe, qui devient de moins en moins français et de plus en plus italien. Les collaborateurs et les usines sont-ils menacés ? Il est, pour l'instant, encore trop tôt pour l'affirmer.

publié le 7 juillet à 05h00, Quentin Pannaud, Media365

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