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Sept ans après son évasion du Japon, que fait Carlos Ghosn ?

© Shutterstock, Media365

Tombé de son piédestal en 2018 pour malversations financières, Carlos Ghosn, iconique PDG de Renault-Nissan à l'époque, s'était enfui du Japon en 2019 de manière spectaculaire pour se réfugier au Liban. Où en est-il aujourd'hui ?

Carlos Ghosn, titan de l'industrie automobile qui s'était notamment illustré par ses fonctions de PDG de Renault et de président (non exécutif) de Nissan et Mitsubishi, avait fait beaucoup parler de lui il y a quelques années. Le 19 novembre 2018, il était arrêté à Tokyo sur fond d'accusations de malversations financières, pour dissimulation de revenus et abus de confiance aggravé notamment. Après 129 jours de détention, il était libéré sous caution, mais placé en résidence surveillée, en attente de procès. Finalement et de manière totalement rocambolesque, il s'était évadé du pays le 29 décembre 2019, dissimulé dans une malle d'instruments de musique, fuyant vers le Liban.

Toujours en activité au Liban

Aujourd'hui, sept ans après sa fuite, Carlos Ghosn réside toujours au Liban : il en possède la nationalité et le pays n'a pas d'accord d'extradition avec le Japon . Étant donné qu'il fait l'objet d'un mandat d'arrêt international émis par Interpol, il lui est formellement interdit de quitter le territoire libanais. Mais comment occupe-t-il ses journées ? Certes, il ne dirige plus de poste d'entreprise tentaculaire comme auparavant, mais il est notamment co-gérant d'un domaine viticole, investisseur dans des projets immobiliers, et membre du conseil d'administration de Saradar, une grande banque libanaise. Ghosn a également exprimé son intérêt pour des missions de conseil auprès de grandes entreprises, mais a décliné toute ambition politique, déclarant : "Je ne veux pas entrer en politique, mais je suis prêt à aider le Liban avec mon expérience".

Très actif dans les médias

Régulièrement, Carlos Ghosn refait parler de lui dans différents dossiers, tous en lien avec Nissan ou Renault. La justice française a par exemple émis fin 2023 un mandat d'arrêt international à son encontre dans le cadre d'une enquête sur des paiements suspects entre l'alliance Renault-Nissan et le distributeur SBA à Oman. Plus récemment en septembre 2024, son yacht, estimé à 10 millions d'euros, était saisi par la justice et cédé à Nissan, qui l'accusait d'avoir détourné les fonds de la société pour se procurer le bateau. Fin décembre, il s'exprimait aussi (défavorablement) sur la fusion Honda-Nissan : « D'un point de vue industriel, il y a des doublons partout. Donc cela n'a pas de sens pour moi ». Enfin, on apprenait début février que son ex-bras droit Greg Kelly était condamné à six mois de prison avec sursis en appel.

Carlos Ghosn clame encore son innocence

Malgré toutes ces « casseroles », Carlos Ghosn continue de clamer son innocence et affirme avoir été victime d'un complot, comme il l'avait déclaré lors de sa première conférence de presse à Beyrouth en janvier 2020. Son cas continue de susciter l'intérêt et le débat, mais reste vu par le Japon comme une humiliation sans précédent à l'égard de son système judiciaire.

publié le 3 mars à 07h00, Quentin Pannaud, Media365

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