Recyclage des pièces automobiles : une nouvelle loi entre en vigueur cet été
© Renault Refactory, Media365
Dès cet été, l'Union européenne fera entrer en vigueur une nouvelle loi sur le recyclage des voitures hors d'usage. L'objectif est d'utiliser davantage de pièces de seconde main : 15% en 2030, et 25% en 2036 !
À partir du mois d'août prochain, une nouvelle réglementation européenne imposera progressivement l'usage de plastiques recyclés dans la fabrication des voitures neuves . Cette mesure, qui est environnementale à première vue, cache en réalité une réorientation profonde des priorités industrielles de Bruxelles, notamment parce que nous sommes de plus en plus confrontés (et victimes !) des tensions géopolitiques qui font rage un peu partout sur le globe ces dernières années, et qui créent notamment des problèmes d'approvisionnement en pétrole, en métaux rares, en semi-conducteurs, et en composés métalliques et plastiques. C'est précisément pour que notre chaîne européenne d'approvisionnement soit moins sujette à ces crises que l'UE a décidé de légiférer.
En 2030, les voitures neuves devront avoir 15% de composants recyclés
Ainsi et d'ici 2030, 15 % du plastique utilisé dans la production de chaque nouvelle voiture neuve devra provenir du recyclage, pour atteindre, plus tard en 2035, 25 % de taux d'intégration. Ce pourcentage peut sembler modeste, mais il implique en réalité une refonte complète des chaînes d'approvisionnement et de nos procédés de production. Les constructeurs ne pourront plus s'appuyer uniquement sur des composants neufs, ils devront intégrer, dès la conception, la circularité des matériaux et prévoir le démontage futur des composants une fois un véhicule en fin de vie . Ce principe de "design for recycling" s'imposera bientôt comme la nouvelle norme de demain.
Les constructeurs s'y mettent déjà
Cette nouvelle réglementation prévoit aussi un contrôle accru autour de de la fin de vie des véhicules en circulation. Les carrosseries, moteurs électriques, vitrages et batteries feront désormais l'objet d'un démontage systématique afin d'extraire leurs éléments valorisables : métaux, plastiques ou terres rares. Un nouveau cadre réglementaire qui doit en outre favoriser la création de filières spécialisées, aussi bien dans l'industrie métallurgique que dans celle du traitement des déchets. Cela dit, les constructeurs n'ont pas attendu l'entrée en vigueur de la loi pour s'adapter. BMW bâtit déjà en Allemagne un centre de compétence dédié au démantèlement automatisé, Toyota recycle déjà en Grande-Bretagne l'aluminium des jantes pour produire des moteurs neufs, et enfin Renault réinvente l'économie circulaire avec son projet "Refactory" à Flins. En l'état, les 15% d'intégration d'ici 2030 ne sont pas impossibles à mettre en place, mais toutes les marques ne sont pas logées à la même enseigne !
publié le 9 juin à 05h00, Quentin Pannaud, Media365