Pourquoi les voitures d'aujourd'hui se ressemblent toutes ?
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Trop de marques, trop de modèles, trop de clones. À l'heure des plateformes partagées et des SUV sur-représentés, choisir un véhicule neuf est devenu un véritable casse-tête pour les automobilistes. Mais pourquoi nos voitures se ressemblent-elles de plus en plus ?
Pas facile, en 2026, pour un client peu concerné par la "chose" automobile, de trouver facilement le modèle susceptible de lui correspondre. La marque déjà, est un premier point bloquant, car à la multitude de constructeurs historiques se sont ajoutés ces dernières années des « néo-entrants », principalement venus de Chine (Leapmotor, BYD, Jaecoo, Omoda, XPeng...), et encore méconnus de la plupart des consommateurs. À ce choix de « crèmerie » s'ajoute ensuite la difficulté de trouver le bon modèle, car nombre d'entre eux se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Ainsi, que choisir entre une Peugeot 308 et une Opel Astra ? Entre une Volkswagen Passat et une Skoda Octavia ? Entre une Renault 5 et une Nissan Micra ? Car le problème de ces modèles, qui est sous-jacent à une nouvelle réalité du marché, c'est que de nombreux modèles sont aujourd'hui techniquement très proches des autres : la faute aux fameuses « plateformes ».
Des soubassements identiques qui standardisent les modèles
Nous vous en parlons souvent sur Orange, il s'agit du soubassement d'un véhicule, la « base » à partir de laquelle il est conçu, qui détermine sa longueur et sa largeur maximum, et son architecture technique (moteur à l'avant ou à l'arrière, entraînement thermique ou électrique). Comme il s'agit de l'un des organes les plus chers à développer, il est désormais devenu monnaie courante que plusieurs constructeurs automobiles se partagent une même plateforme, pour « sauver » leurs coûts de production. On pourrait parler des plateformes STLA chez Stellantis, MEB chez Volkswagen, AmpR chez Renault, ou encore e-GMP chez Hyundai/Kia. Le problème, pour le client, vient de là : les véhicules partageant les mêmes plateformes sont très proches d'un point de vue stylistique (C5 Aircross/Grandland) et ont en outre tendance à partager les mêmes motorisations (308/Astra). Au bout du compte et pour le client, la valeur ajoutée entre tel et tel modèle peut être difficile à discerner...
Le goût y est aussi pour beaucoup
Mais cette contrainte technique n'est pas la seule responsable, il y a aussi... les goûts et les couleurs ! Les clients sont en effet de plus en plus demandeurs de SUV, catégorie reine qui représente désormais près de la moitié des immatriculations de véhicules neufs en France. Silhouette testostéronée, garde au sol surélevée, faux look de 4X4 : le SUV séduit tout le monde, ou presque. Et le problème, c'est qu'ils ont tendance à se ressembler de plus en plus : la plupart des modèles récemment lancés partagent des projecteurs à double étage, des feux arrière reliés par un bandeau lumineux, des pare-chocs exagérément agressifs, ou encore des poignées de porte affleurantes. Il en est de même à bord, où le tout à l'écran s'est substitué aux commandes physiques, le design épuré aux habitacles originaux, et où tous les équipements se ressemblent désormais : toit panoramique, siège chauffant et ventilé, régulateur adaptatif, assistant IA. Prenons un exemple pratique pour conclure ce point. Un acheteur intéressé par un Renault Scénic E-Tech aura la désagréable surprise de constater que sa planche de bord est rigoureusement identique à celle d'un Alpine A390 , un acheteur de Nissan Micra n'y verra aucune valeur ajoutée - à l'exception du style - par rapport à une Renault 5, un acheteur de Skoda Scala vis-à-vis d'une SEAT Leon. Et l'on pourrait, malheureusement, continuer sur cette voie encore longtemps...
publié le 16 mars à 07h00, Quentin Pannaud, Media365