Pourquoi les automobilistes monopolisent-ils toujours la voie du milieu ?
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Entre prudence et entêtement, rester sur la voie du milieu agace plus que tout... et échappe presque toujours aux sanctions.
Le Code de la route est clair. La conduite sur la voie du milieu sur des routes à double sens de circulation est tout simplement interdite. L'article R412-9 le confirme : « En marche normale, tout conducteur doit maintenir son véhicule près du bord droit de la chaussée, autant que le lui permet l'état ou le profil de celle-ci. » Pourtant, il est fréquent d'observer des automobilistes rester sur la voie centrale, provoquant l'incompréhension et l'agacement des autres usagers de la route.
Une pratique dangereuse et sanctionnée
Les vacances battent encore leur plein et les routes sont prises d'assaut par les aoûtiens. Dans ce trafic dense, certains comportements dangereux se multiplient. Rester sur la voie du milieu en fait partie. Au-delà de son interdiction, cette habitude constitue un vrai risque : elle agace les autres conducteurs et favorise des dérives, comme le dépassement par la droite, lui aussi interdit. Pour mémoire, la loi prévoit une amende de 35 € pour l'occupation injustifiée de la voie centrale, contre 135 € pour un dépassement par la droite. L'an dernier, l'Observatoire Sanef des comportements sur autoroute estimait que 36 % des conducteurs circulaient sur la voie du milieu alors que celle de droite était libre. Rappelons enfin que les voies de gauche ne servent qu'à dépasser, et non à s'y installer. Problème : cette mauvaise habitude s'est banalisée.
L'impuissance de la sanction
Rouler au milieu est presque devenu une norme sur la route. Si certains pensent que la voie de droite est destinée aux véhicules lents, d'autres ne se rendent pas compte de leur propre comportement. Face à ce phénomène, les forces de l'ordre ont peu de moyens pour le sanctionner. Outre le cadre législatif, la pratique est tout autre. En Belgique, l'institut VIAS (sécurité routière) estimait à 2 000 le nombre d'automobilistes verbalisés en 2023 pour cette pratique. Peu, au vu du nombre incalculable de conducteurs présents sur ces voies. Pour remédier à ce problème, des actions coup de poing doivent se multiplier. Nos voisins belges veulent également s'attaquer au portefeuille de leur concitoyen. L'amende est passée de 58 € à 116 €. Suffisant ? Le doute persiste. Il faut espérer une prise de conscience collective pour éviter d'engendrer une dangerosité « sous-estimée », comme l'évoque l'Observatoir Sanef. Prudence et rigueur sur les routes de France.
publié le 23 août à 09h10, Thibaut Simon, Media365