Pourquoi le prix des voitures neuves a-t-il tant explosé depuis 2020 ?
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Une nouvelle étude s'est intéressée à l'évolution du prix des voitures neuves, en France, sur la période 2020-2024, et le chiffre a de quoi donner le tournis : +24 % ! Mais comment expliquer une telle inflation ?
Souvenez-vous, à sa sortie en 2005, la Dacia Logan ne coûtait que 7 800 € en concession, le Duster de 2010 11 900 € seulement ! Aujourd'hui, outre le prix imbattable de la Sandero (12 990 €), il faut débourser autour de 16 000 € minimum pour s'offrir une Citroën C3 ou une Fiat Panda. Mais il s'agit toutes les trois de petites citadines, et non d'une berline et d'un SUV comme l'étaient les Logan et Duster. Oui, les voitures d'aujourd'hui sont chères, mais figurez-vous qu'il y a quatre ans elles coûtaient près d'un quart moins cher !
Le prix des voitures neuves a pris grimpé de 24 % en quatre ans
Une étude menée par l'Institut Mobilités en transition (IMT) s'est intéressée à l'évolution du prix de vente des voitures neuves sur le marché français entre 2020 et 2024, et c'est à elle que l'on doit cette statistique. Sur la période, elle a calculé que le prix catalogue des modèles neufs a ainsi bondi de 6 800 €, soit une progression de 24 %. Le prix moyen d'une voiture neuve était ainsi de 28 107 euros en 2020, contre 34 872 euros en 2024. Mais comment expliquer une telle flambée ?
Une période difficile post-Covid
Déjà, l'année 2020 a été marquée par la pandémie de Covid 19, qui a mis à l'arrêt ou ralentit une grande partie de l'industrie. La production automobile a ainsi eu du mal à tenir la cadence, et l'offre s'est retrouvée inférieure à la demande, provoquant un effet prix qui s'est directement répercuté sur les voitures neuves. La pandémie a aussi entraîné de multiples complications dans la chaîne d'approvisionnement, créant des pénuries sur les matières premières (aluminium, acier, cuivre, semi-conducteurs) et donc une envolée de leurs prix.
Une réglementation européenne toujours plus contraignante
Autre explication : la réglementation européenne. Entre les normes CAFE (qui fixent pour chaque constructeur des taux d'émissions de CO2 à ne pas dépasser) et le règlement GSR2 (équipement de sécurité obligatoire et très coûteux), la plupart des constructeurs ont abandonné leurs petites voitures, faute de pouvoir les adapter à la législation tout en maîtrisant leurs coûts (Citroën C1, Renault Twingo, Peugeot 108, Suzuki Ignis, Volkswagen Up...). Résultat ?Les modèles les plus accessibles coûtaient alors beaucoup plus cher.
L'avènement de l'électrique augmente les paniers moyens
L'électrification, bien sûr, y est aussi pour beaucoup. Face à la montée en force des modèles hybrides, hybrides rechargeables et surtout 100 % électriques, les prix moyens du marché ont explosé, car une électrique d'entrée de gamme coûte 30 000 € en moyenne, quand les modèles haut de gamme (Mercedes EQS, BMW i7, Tesla Model S) peuvent facilement avoisiner les 150 000 € ! Alors, les prix continueront-ils à monter ? À mesure que le marché s'électrifie, oui, mais moins drastiquement que pendant cette période post-Covid. Les voitures électriques d'entrée de gamme, positionnée sous les 20 000 € ou les 25 000 € arrivent aussi en nombre, ce qui devrait encore abaisser la moyenne des catalogues sur le marché du neuf. De même, si l'inflation continue de se stabiliser (+2 % en 2024 selon l'INSEE contre +4,9 % en 2023 et +5,2 % en 2022) et que le pouvoir d'achat des Français retrouve un niveau décent, la consommation et donc l'achat de voitures neuves pourraient repartir à l'avance. Le plus dur est peut-être derrière nous.
publié le 10 novembre à 07h00, Quentin Pannaud, Media365