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Pourquoi le nombre de PV dressés a tant chuté en 2024 ?

© Shutterstock, Media365

En 2024, la France a connu une chute spectaculaire du nombre de procès-verbaux dressés par les forces de l'ordre. Une dégringolade inattendue et historique due à plusieurs facteurs.

D'après les bilans de la Cour des comptes et de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), cette tendance s'explique par plusieurs facteurs techniques, administratifs et conjoncturels, et notamment les dysfonctionnements d'un dispositif que l'État a peiné à maintenir à pleine capacité.

Seulement 85,8% des radars sont opérationnels

Le premier responsable de cette chute est le parc de radars automatiques , dont le fonctionnement a fléchi à 85,8 % en 2024, contre plus de 90 % les années précédentes. En cause : des pannes répétées, un programme de modernisation en retard et des problèmes techniques liés à l'intégration de nouveaux modèles de radars tourelles plus complexes à exploiter. Résultat : seulement 20,9 millions de flashs ont été enregistrés sur cette période, soit près de 4 millions de moins qu'en 2023, ce qui représente une baisse de 20 % par rapport aux prévisions du gouvernement. À cela s'ajoute un tiers des clichés inutilisables, selon la Cour des comptes, à cause d'images floues, de plaques illisibles, de reflets sur les caractères ou une absence d'identification du conducteur.

Des soucis aussi dans le traitement électronique des amendes

Cette baisse de productivité a été aggravée par les problèmes techniques qui ont touché la chaîne de traitement électronique des amendes (PVe). Durant la première moitié de 2024, l'Agence nationale de traitement automatisé des infractions ( ANTAI ) a connu de gros ralentissements informatiques : certaines contraventions n'ont pu être traitées ou transmises dans les délais, ce qui a entraîné un retard significatif dans la délivrance des avis de contravention. Ce dysfonctionnement administratif explique aussi pourquoi 2 millions de retraits de points ont été différés pour des infractions constatées en 2023 seulement.​

 Les « sulfateuses à PV ont cartonné »

Paradoxalement, alors que la collecte de PV s'est essoufflée, la répression envers le stationnement payant a connu un net essor : les forfaits post-stationnement (FPS) ont bondi de 20 %, portés par la généralisation des véhicules de verbalisation automatisée ( les voitures LAPI ou « sulfateuses à PV » ), notamment dans les grandes agglomérations. Enfin, sur le plan budgétaire, la Cour des comptes a aussi souligné que les amendes radars ont rapporté 658 millions d'euros en 2024, soit 14 % de moins que les prévisions initiales, tandis que la maintenance de l'arsenal technique est restée très chère. Cette hémorragie financière a fragilisé un système autrefois bien huilé, mais qui a décidément bien perdu de sa superbe.

publié le 22 octobre à 06h00, Quentin Pannaud, Media365

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