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Porsche ne va pas bien : le Macan en sauveur providentiel ?

© Porsche, Media365

Marges en berne, ventes chinoises en chute libre, investissements gelés, avenir électrique incertain : Porsche traverse ses plus sérieuses turbulences depuis des lustres. Reste un espoir : le Macan électrique.

Les chiffres du premier trimestre 2025 sont tombés : les ventes globales reculent légèrement (-1,7%), mais c'est ailleurs que le bât blesse. Le bénéfice fond de -40,6%, à 760 millions d'euros. En cause : une marge qui passe de 14,9% à 8,6%, un creux historique pour une marque qui visait l'excellence en la matière. Le signal est clair : la machine Porsche tousse. Fort.

Certes, le contexte n'aide pas, entre tensions géopolitiques, ralentissement mondial, les tarifs douaniers de Trump, etc. Mais Porsche continue à miser sur la valeur, pas sur le volume. Or, à ce jeu-là, les marges doivent suivre. Et ce n'est plus le cas. Surtout quand les coûts explosent - développement de nouvelles plateformes, usine de batteries Cellforce mise en pause, logistique sous pression - sans retour immédiat.

La Chine tourne le dos

C'est surtout du côté de la Chine que le tableau s'assombrit. Les ventes s'y effondrent de -42%, soit à peine 9 471 unités sur le trimestre. Porsche y paie cash une absence d'adaptation locale, contrairement à Audi ou Mercedes qui coopèrent avec des marques chinoises. Résultat : des modèles perçus comme trop chers, pas assez connectés, ni assez typés "tech". La concurrence, elle, ne fait pas de cadeaux : Xiaomi, Nio, BYD et consorts proposent des électriques ultra-performantes à prix cassés, avec des intérieurs digitaux et des services qui parlent aux jeunes urbains chinois. Même Oliver Blume, PDG de Porsche et du groupe Volkswagen, l'admet : « Nous verrons d'ici deux ou trois ans si Porsche a encore le droit d'exister ici en tant que constructeur de voitures électriques. » Ambiance...

Le Macan en pompier de service

Dans ce marasme, un modèle surnage : le Macan électrique. Il s'est écoulé à 14 185 exemplaires au premier trimestre, soit près de 20 % des ventes mondiales de la marque. Si on y ajoute l'ancien Macan thermique encore vendu hors d'Europe, le SUV affiche une hausse de +14 % par rapport à 2024. Joli. Et pas un hasard : plus polyvalent que la Taycan, plus abordable qu'un Cayenne, le Macan incarne le juste milieu. C'est notamment aux États-Unis, où il commence à s'imposer, que Porsche place ses espoirs. Mais là aussi, les taxes frappent : sans usine locale, la marque importe tout, et paie donc le prix fort. Jusqu'à 2 milliards d'euros par an, selon ses estimations. Or les bénéfices actuels ne couvrent déjà plus ce coût. Un pompier, oui. Mais pas invincible.

publié le 15 mai à 06h00, Sébastien Vanhouche, Media365

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