Occasion : La fraude au compteur kilométrique est trop présente !
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Chaque année en France, 600 000 voitures proposées sur le marché de l'occasion auraient un compteur kilométrique trafiqué. Mais comment les fraudeurs s'y prennent-ils, et comment s'en protéger ?
Comme son nom l'indique, la fraude au compteur kilométrique est une pratique malhonnête (et illégale) qui consiste à réduire artificiellement le kilométrage affiché par une voiture afin d'en augmenter la valeur de revente, pour vendre des voitures ou utilitaires d'occasion à des prix bien supérieurs à leur véritable valeur. Mais comment s'y prennent-ils ?
Compteurs analogiques et compteurs numériques
Pour les compteurs analogiques, il suffit de faire tourner l'odomètre à l'envers. Pour les modèles numériques, les fraudeurs utilisent des boîtiers électroniques connectés à la prise OBD (ou prise diagnostic) du véhicule, pour modifier les données en quelques secondes sans laisser de trace. En France, cette fraude est particulièrement répandue : en 2024, on estime qu'une voiture d'occasion sur dix avait un compteur trafiqué, soit environ 600 000 véhicules par an. Le gain pour les malfrats peut atteindre entre 1 500 et 5 000 euros par voiture, pour un marché générant près de 3 milliards d'euros annuels !
Vérifier les pièces d'usure et le carnet d'entretien
Pour se protéger contre cette fraude en cas d'achat d'une voiture d'occasion, il faut commencer par examiner l'état général du véhicule : un faible kilométrage doit être cohérent avec l'usure de certaines pièces et caoutchoucs , comme les pédales, le volant ou les sièges. Les pneus peuvent aussi présenter une usure excessive. Les anciens compteurs analogiques peuvent montrer des signes douteux comme des chiffres mal alignés, tandis que pour les modèles numériques, un diagnostic électronique réalisé par un professionnel peut détecter directement des incohérences dans les données de l'ordinateur de bord. Examinez aussi attentivement le carnet d'entretien et les factures des réparations pour vérifier la cohérence du kilométrage avec ces données.
Le Car-Pass belge bientôt en France ?
En France, le rapport HistoVec permet de retracer l'historique kilométrique des véhicules lors des contrôles techniques et des changements de propriétaire. Mais en Belgique, le système Car-Pass, bien plus efficace, garantit la transparence du kilométrage en consignant toutes les interventions réalisées sur le véhicule. Il a encore été renforcé en 2024 avec l'ajout des travaux effectués lors des contrôles techniques. La Belgique milite désormais pour son adoption au niveau européen, et la France a exprimé son intérêt pour ce dispositif, sans l'avoir déployé pour le moment.
publié le 11 avril à 05h00, Quentin Pannaud, Media365