Nids-de-poule : les SUV et les voitures électriques sont trop lourds pour nos routes ?
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Une étude britannique met en lumière un phénomène assez inquiétant pour l'État de nos routes et chaussées : les SUV les fragilisent énormément, et dégradent les nids-de-poule déjà existants. Et le phénomène est décuplé s'il s'agit d'un SUV 100% électrique...
Plus hauts, plus massifs, les SUV rassurent, et continuent peu à peu à séduire les clients et à remplacer les autres catégories de véhicules (compactes, berlines, breaks...). Une étude commandée au Royaume-Uni par l'enseigne Kwik Fit confirme d'ailleurs cette intuition largement partagée : ils sont appréciés pour leur position de conduite haute, le sentiment de sécurité qu'ils distillent, leur style robuste, etc. Mais ce n'est pas tout. De nombreux automobilistes admettent aussi choisir ce type de modèle pour mieux affronter des routes dégradées !
SUV et bitume ne font pas bon ménage
Il y a pourtant un sacré paradoxe derrière. Ces gros modèles, censés protéger leurs occupants des chaussées abîmées, participent en réalité à leur dégradation. Plusieurs travaux menés par des universités britanniques mettent en effet en lumière que la montée en puissance des SUV coïncide aussi avec une détérioration accélérée des routes. En cause : leur poids supérieur par rapport aux autres voitures . L'étude britannique estime ainsi qu'un SUV de taille moyenne exerce jusqu'à cinq fois plus de contraintes sur la chaussée qu'une voiture classique. Une différence qui s'explique notamment par un surpoids compris en moyenne entre 200 et 300 kg par rapport à une berline ou une compacte de taille équivalente.
Les voitures électriques sont aussi pointées du doigt
Ainsi, plus le véhicule est lourd, plus la pression exercée sur le revêtement est importante : une charge supérieure favorise l'apparition de microfissures sur la chaussée, lesquelles évoluent progressivement en cassures, jusqu'à former des nids-de-poule . Alors certes, les trous trouvent avant tout leur origine dans les cycles de gel et de dégel, lorsque l'eau s'infiltre puis fragilise la structure de la chaussée, mais les SUV accélèrent nettement le processus. En parallèle, l'essor des véhicules électriques soulève les mêmes interrogations. Là où une voiture thermique moyenne avoisine les 1,6 tonne, un modèle électrique comparable dépasse facilement les deux tonnes. Une masse qui, combinée à celle des SUV, accentue encore la pression exercée sur le bitume. Les routes ne sont d'ailleurs pas les seules concernées. Certains exploitants de parkings alertent déjà sur les limites structurelles de leurs installations, initialement conçues pour des véhicules plus légers. Alors, faut-il adapter les routes à ces véhicules toujours plus lourds, ou au contraire réguler leur usage ? Dans certaines métropoles, la réflexion est déjà engagée.
publié le 15 juin à 07h00, Quentin Pannaud, Media365