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Louis Sarkozy : il faut supprimer la signalisation routière

© Shutterstock, Media365

Supprimer les feux rouges, les lignes blanches, et les panneaux de signalisation sur certains de nos axes pour renforcer la sécurité routière, c'est la proposition de Louis Sarkozy, candidat à la mairie de Menton pour les législatives de 2026. Mais est-ce la solution miracle ?

« Ce qui tue les automobilistes, c'est l'assistanat ! ». Qu'a bien pu vouloir dire Louis Sarkozy, - fils de l'ancien président Nicolas Sarkozy récemment condamné pour association de malfaiteurs et financement illégal de campagne - candidat à la mairie de Menton pour les municipales de 2026, au micro de RMC ce mercredi 3 décembre ? L'homme de 28 ans, novice en politique, s'est basé sur les résultats d'une étude de la Fondation Vinci autoroutes qui révèle que 95 % des usagers de la route disent craindre le comportement à risque des autres.

Supprimer les feux rouges, les lignes blanches et les panneaux ?

L'étude pointe notamment du doigt le non-respect du feu rouge par une majorité des usagers : 67 % des automobilistes, 70 % des piétons et 40 % des cyclistes réguliers admettent ainsi les franchir délibérément. Il n'en fallait pas plus au jeune candidat pour se positionner sur le sujet, en dégainant un drôle d'argument : celui de « supprimer les feux rouges, les lignes blanches, les panneaux de signalisation » afin de « rendre au citoyen la pleine responsabilité de sa conduite, au lieu qu'il la délègue intégralement au Code de la route ».

Des expérimentations aux Pays-Bas et en Angleterre

Il justifie sa proposition en expliquant que « Quand il n'y a ni trottoir, ni feu rouge, ni ligne blanche, tout le monde fait davantage attention ». Il prend notamment en exemple la ville néerlandaise de Drachten où la signalisation routière a été supprimée et où l'on a constaté « une réduction de 40 % des accidents de la route. Le carrefour principal est passé de huit accidents graves par an à un seul », dixit Louis Sarkozy. L'argument qu'il avance est vrai, à Drachten comme à Londres où la municipalité avait expérimenté au début des années 2000 une configuration similaire sur Kensington High Street : le nombre d'accidents avait été réduit de 40 %. Un remède miracle ?

Pas de fumée sans feu

Eh bien ! Non, puisque quelques années après cette expérimentation, les huiles de la Greater London Authority avaient constaté un risque aggravé pour les conducteurs malvoyants et ceux à mobilité réduite. Le projet avait alors été abandonné au profit de pistes cyclables à chaussées séparées, de feux intelligents et d'un abaissement de la vitesse maximale autorisée à 30 km/h.  Si Louis Sarkozy milite pour « Que l'on implante cela en France, au moins dans des zones d'essai », l'Histoire a montré qu'un tel dispositif est loin d'être sans risque. Il aura cela dit tout le loisir de l'expérimenter si les électeurs de Menton - bastion de la droite depuis 1953 - lui accordent leur confiance l'année prochaine.

publié le 6 décembre à 07h00, Quentin Pannaud, Media365

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