Le moteur thermique est-il définitivement condamné ?
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Taxes qui se multiplient, épée de Damoclès de Bruxelles en 2035, effondrement des ventes de voitures diesel et essence : le moteur thermique semble condamné sur le continent européen. Du moins, c'est ce qu'on essaie de nous faire croire...
À moins d'habiter dans une grotte, vous n'êtes pas sans savoir que l'électrification du marché automobile européen s'effectue à marche forcée ces dernières années. Bruxelles fait miroiter depuis 2021 l'interdiction pure et simple de vendre des véhicules non électriques après 2035, enterrant, de fait, les modèles thermiques et hybrides qui ont fait la renommée de notre industrie en un siècle d'histoire. Les constructeurs sont donc bien obligés de s'y mettre, les gouvernements doivent mettre en place des incitations fiscales (bonus écologique, leasing social, taxe au poids ), et les acheteurs doivent acheter des voitures 100% électriques, dont les ventes sont en constante augmentation.
Les voitures 100% électriques sont encore marginales
Ainsi, et avec 327 234 unités immatriculées en 2025, elles représentaient 20% de parts de marché (PDM) contre 16,9% en 2024 (291 143 voitures). Au contraire, l'essence a continué à dévisser, passant de 29,5% de PDM à 21,2 l'année dernière, au même titre que le diesel, passé sous les 5% (4,9%) après une fébrile percée de 7,3% en 2024. Beaucoup d'observateurs de la Commission européenne rêveraient de voir par là un véritable changement de tendance en faveur du tout électrique, mais la réalité est plus nuancée. Ni le thermique ni l'électrique, car c'est en fait l'hybride qui tire réellement son épingle du jeu : une voiture vendue sur deux en France l'année dernière (50,5%) était hybride ou hybride rechargeable, soit 823 625 immatriculations de véhicules fonctionnant à cette énergie. Par rapport à 2024, c'est une augmentation de près de 8 points ! Les consommateurs font donc encore largement confiance au thermique, qu'il soit hybridé plutôt qu'électrique.
L'UE n'est pas le centre du monde
De même, l'Union européenne vient de lâcher du lest et a allégé son objectif 2035 : passée cette échéance, les constructeurs européens devront vendre 90% de voitures électriques, et 10% de voitures thermiques dotées de technologies électrifiées (PHEV ou REEV). Ce n'est pas du tout une révolution, mais cela permet aux marques de s'organiser dans leur transition, et donne un peu de sursis au thermique sur le continent européen. En parlant d'Europe, à entendre les pontes de l'UE, elle semble être le centre du monde, mais c'est loin d'être le cas. L'électrique ne se vend « bien » qu'en Europe... et en Chine, et à ce jeu les constructeurs chinois qui pullulent chez nous l'ont bien compris. Ni les États-Unis ni le Japon , ni la Corée du Sud, ni les pays d'Amérique du Sud, d'Asie du Sud-Est et d'Afrique n'en sont friands. Le thermique est donc loin d'être mort, même si l'Europe essaie de nous faire croire le contraire...
publié le 19 janvier à 07h00, Quentin Pannaud, Media365