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La guerre en Iran fait craindre le pire aux industriels automobiles

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Le conflit armé qui sévit actuellement en Iran et au Moyen-Orient depuis deux semaines n'a pas tardé à se répercuter sur le prix du pétrole et du gaz. Les constructeurs automobiles craignent à présent une pénurie de pièces au niveau mondial...

La structure de la chaîne d'approvisionnement du marché automobile (pièces de carrosserie, composants électroniques...) repose sur la logique du « juste à temps ». Les constructeurs commandent leurs pièces au fur et à mesure des carnets de commandes, pour réduire leurs coûts, notamment de stockage. Si un tel choix stratégique ne pose pas de problème à l'heure de la mondialisation et de l'internationalisation des échanges, il est extrêmement dépendant de la stabilité géopolitique, et peut donc vite devenir un problème quand un conflit éclate dans une région du monde.

La guerre en Iran perturbe l'approvisionnement de pièces automobiles

Nous l'avons déjà vu par le passé avec la guerre en Ukraine   ou le conflit en mer Rouge : les câbles, semi-conducteurs et puces avaient vu leur prix exploser, contraignant les constructeurs automobiles à retarder leurs livraisons ou adapter en conséquence leurs modèles en usine. La guerre qui fait actuellement rage en Iran et dans les pays du Golfe depuis maintenant deux semaines fait redouter aux spécialistes du secteur le retour d'un tel scénario. La fermeture unilatérale du détroit d'Ormuz par l'Iran, où transitent chaque jour 20% de la production mondiale de pétrole brut et de gaz naturel liquéfié, contraint de nombreux navires à adopter leurs routes maritimes. Outre l'approvisionnement en pétrole et en gaz, le détroit d'Ormuz est aussi un point d'entrée et de sortie des pièces détachées et composants automobiles venus d'Asie.

Le prix des voitures neuves risque d'augmenter

Justement, et selon une analyse publiée par S&P Global Mobility, l'augmentation des coûts de transport et les détours maritimes pourraient perturber rapidement l'approvisionnement de certaines usines automobiles. Pire, l'augmentation des prix du pétrole et du gaz risque de peser lourdement sur le fonctionnement de ces sites, qui sont extrêmement énergivore. S&P craint, en conséquence, une augmentation du prix des voitures neuves dans les prochains mois, notamment ceux des petits modèles qui devraient devenir moins attractifs. Les constructeurs pourraient prioriser la production de modèles à forte valeur ajoutée, et ralentir celle des modèles qui margent moins. Le cabinet explique aussi que la demande pour les modèles hybrides - crise du carburant oblige - devrait augmenter, ce qui risque de fragiliser encore la production des constructeurs , ces modèles étant bardés de composants électriques et électroniques qui viennent de l'autre bout du monde. La quadrature du cercle.

publié le 14 mars à 07h00, Quentin Pannaud, Media365

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