La Cour des comptes alarme sur l'état des routes d'Île-de-France
© Shutterstock, Media365
Seulement 29% des routes franciliennes sont en état satisfaisant selon un nouveau rapport de la Cour des comptes. Un constat alarmant qui ne cesse de s'accélérer, la faute au trafic, au coût des travaux en Île-de-France, mais surtout au budget alloué par la Dirif à l'entretien des routes.
« Les chaussées franciliennes sont les plus dégradées du réseau national ». C'est le constat fait par la Cour des comptes, qui a rendu ce 24 juin 2025 un rapport de 64 pages sur l'état de nos routes et de nos infrastructures routières. La haute autorité financière a pointé du doigt la région Île-de-France, où seulement 29% des voies sont en état satisfaisant, et, pire, 35% nécessitent des travaux importants. C'est moins bien qu'à l'échelle nationale, avec 51% de routes en bon état et 29% à restaurer. L'état du réseau francilien est d'autant plus inquiétant qu'il s'est gravement dégradé ces dix dernières années : en 2014, 39,9% de ses routes étaient en bon état, et seulement 21% présentaient des problèmes de structure.
Une dégradation accélérée par le trafic et l'âge des routes
Alors, comment expliquer une dégradation aussi rapide ? La réponse, bien sûr, c'est le trafic ! L'Île-de-France, première région économique de France et carrefour menant à tous les coins de l'Hexagone (merci la centralisation...) capte 20% du trafic de France métropolitaine (4 millions de voitures par jour), source d'usure supplémentaire par rapport aux autres régions. Autre facteur : l'âge de certaines chaussées, qui est de douze ans en moyenne en Île-de-France, mais 30% d'entre elles auraient plus de 20 ans. Une vétusté qui ne touche pas que les voies en elles-mêmes, mais aussi les ouvrages d'art, le réseau disposant de quelque 312 échangeurs routiers, 1 117 ponts et 25 tunnels de plus de 300 mètres de long.
Un budget d'entretien insuffisant pour la Cour des comptes
Le problème sous-jacent à cette vétusté, c'est le budget alloué à l'entretien et à la réfection des routes, selon la Cour des comptes, qui n'a pas augmenté en dix ans. La Dirif (Direction des routes d'Île-de-France) est confrontée à des coûts d'entretien beaucoup plus lourds qu'ailleurs : + 14% par rapport à la moyenne nationale. Résultat, elle doit prioriser certains travaux au détriment d'autres, et accumule le retard pour l'entretien de certains axes fatigués, mais jugés moins critiques. La Cour préconise qu'elle définisse des priorités d'investissements dans l'entretien des routes, et somme l'État d'augmenter son budget ! Mais vu la conjoncture actuelle, pas sûre que cela soit la priorité de François Bayrou.
publié le 10 août à 07h00, Quentin Pannaud, Media365