L'intelligence artificielle (IA) au cœur de nos radars
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L'intelligence artificielle s'apprête à s'inviter encore un peu plus dans nos vies, en intégrant prochainement le cœur de nos radars, pour repérer toujours plus d'infractions !
Le Département du contrôle automatisé (DCA), bras armé de la Sécurité routière, vient en effet de lancer un appel d'offres d'envergure, invitant les entreprises spécialisées de la Tech et leurs ingénieurs à proposer des solutions inédites pour intégrer l'IA directement dans ces dispositifs. On se souvient de la promesse des radars tourelles , qui étaient censés flasher une quinzaine d'infractions différentes. En pratique, ils n'ont jamais surpassé la fonction d'une cabine fixe classique, qui se limite à détecter les excès de vitesse et le non-respect des feux de signalisation.
Davantage d'infractions détectées
Mais la Sécurité routière semble décidée à redresser la barre, en équipant les routes de France de radars intelligents, capables d'analyser toujours plus de situations. Son objectif est d'exploiter les capacités de l'intelligence artificielle pour concrétiser le projet d'un radar intelligent et réellement multirôle : contrôler automatiquement les distances de sécurité, le respect des lignes blanches, les dépassements interdits, ou encore l'utilisation du téléphone au volant. Certains documents évoquent même, en filigrane, la détection automatisée de comportements plus difficiles à cerner, comme la conduite sous influence ou l'usage de stupéfiants , à l'image de solutions déjà testées à l'étranger. Des fonctions qui sont techniquement à portée des ingénieurs, mais qui, comme souvent dans notre pays, se heurtent à nos contraignantes réglementations.
Harmoniser la législation
Le problème, que le DCA reconnaît lui-même, réside dans le fait que ces radars collecteront davantage de données, notamment vidéo. Or, pour que ces infractions soient recevables devant un juge, il faudra pour cela ajuster la loi, et assez lourdement. Et aussi surprenant que cela puisse paraître, les industriels visés par l'appel d'offres ne sont pas seulement sollicités pour proposer des technologies ou des systèmes embarqués, ils sont aussi invités à proposer des évolutions en matière de réglementation . Installer des radars n'est pas la chose la plus complexe à faire, transformer la loi en profondeur et la faire appliquer se révèle beaucoup plus subtil. On ne les attend de toute façon pas avant 2030.
publié le 2 décembre à 05h00, Quentin Pannaud, Media365