Hybrides rechargeables : pourquoi les émissions officielles sont loin de refléter la réalité
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Sur le papier, les voitures hybrides rechargeables semblent réunir le meilleur des deux mondes : une conduite électrique au quotidien et un moteur thermique pour les longs trajets. Grâce à cette combinaison, elles affichent souvent des émissions de CO₂ particulièrement faibles lors de leur homologation. Pourtant, plusieurs études récentes montrent un écart important entre les chiffres officiels et les émissions réellement constatées sur la route.
Des émissions réelles bien supérieures aux valeurs annoncées
Les données recueillies par l'Agence européenne pour l'environnement et analysées par plusieurs organismes indépendants révèlent que les hybrides rechargeables (PHEV) peuvent émettre jusqu'à cinq fois plus de CO₂ en usage réel que les valeurs affichées lors de leur homologation. Pour certains modèles immatriculés en 2023, les émissions observées atteignent en moyenne 139 g de CO₂ par kilomètre, contre seulement 28 g/km selon le cycle WLTP.
Cet écart n'est pas nouveau, mais il tend à se creuser. Alors que les constructeurs mettent en avant des progrès techniques et des autonomies électriques en hausse, les mesures effectuées sur le terrain montrent que les performances environnementales réelles restent souvent éloignées des promesses affichées.
Pourquoi les tests WLTP sous-estiment-ils les émissions ?
Le principal problème vient de la méthode d'homologation. Le protocole WLTP repose sur des scénarios théoriques dans lesquels la batterie est pleinement chargée et utilisée une grande partie du temps. Cette approche suppose que les conducteurs rechargent leur véhicule très régulièrement et effectuent une forte proportion de leurs trajets en mode électrique.
Dans la pratique, la situation est souvent différente. Lorsque la batterie n'est pas rechargée fréquemment ou lors des longs trajets autoroutiers, le moteur thermique fonctionne davantage. Résultat : la consommation de carburant augmente et les émissions réelles s'éloignent fortement des chiffres officiels.
L'Union européenne veut corriger le tir
Face à ce constat, l'Union européenne prévoit de faire évoluer ses méthodes de calcul afin de mieux refléter l'usage réel des véhicules. Les futurs ajustements devraient réduire la part théorique de conduite électrique prise en compte dans les tests d'homologation. L'objectif est de rapprocher les émissions officielles de celles effectivement enregistrées sur la route.
Pour les automobilistes, ces résultats rappellent une réalité simple : les performances environnementales d'une hybride rechargeable dépendent avant tout de son utilisation. Recharger régulièrement la batterie et privilégier les trajets réalisés en mode électrique restent les conditions essentielles pour limiter réellement les émissions de CO₂.
publié le 9 juin à 14h00, Eléonore Remonnay, Media365