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Gaz hilarant : danger au volant, phénomène inquiétant !

© Shutterstock, Media365

La Fondation VINCI Autoroutes a publié une enquête sur la consommation de protoxyde d'azote au volant. Les résultats sont préoccupants et le phénomène touche en particulier les moins de 35 ans.

« Protoxyde d'azote : rien d'hilarant ». Le nom de la dernière campagne VINCI Autoroutes prend tout sens à l'heure où les accidents de la route se multiplient. Ici, il est question de bonbonnes de protoxyde d'azote, appelé également « gaz hilarant ». Un jeune âgé de moins de 35 ans sur 10 a déjà consommé ce gaz, qui agit sur le psychisme des consommateurs. Rire, effet d'euphorie, mais également perte de connaissance et problème cardio-vasculaire, cette consommation n'a rien de drôle. Parmi ces jeunes usagers, un sur deux en a déjà pris alors qu'il prenait le volant. Pour les autorités, le phénomène doit cesser, et vite.

Un gaz difficilement détectable

À la différence de l'alcool ou de toute autre forme de drogues, le protoxyde d'azote n'est pas détectable dans l'organisme. Pour la police, quelques éléments permettent d'analyser la présence de ce gaz. Trouble du comportement, problème d'élocution, yeux globuleux ou présence de bonbonne de gaz dans l'habitacle, tant d'indices qui mettent les forces de l'ordre sur une piste potentielle. « L'effet est psychique, avec un trouble de la mémoire et des vertiges. Donc là, ça présente un caractère vraiment dangereux dans la conduite », détaille la porte-parole de la police nationale. Car oui, c'est au volant que ce phénomène monte en flèche. Sur la chaussée, les agents font le constat suivant. « On ramasse des bouteilles sur la bande d'arrêt d'urgence, qui sont jetées par la fenêtre. On peut en ramasser deux, trois ou quatre par semaine », évoque un ouvrier VINCI Autoroutes. Actuellement, les sanctions ne sont pas à la hauteur des drames causés par cette consommation.

Durcir la loi

Difficile pour l'heure d'évaluer précisément le nombre d'accidents liés à la consommation de protoxyde d'azote, mais la Fondation VINCI Autoroutes tire la sonnette d'alarme. Son enquête révèle que 7 % des moins de 35 ans ont déjà été passagers d'un véhicule dont le conducteur avait consommé cette substance. Près d'un Français sur trois affirme avoir déjà aperçu des bouteilles de gaz hilarant abandonnées sur la voie publique. Au-delà des effets néfastes sur la santé des consommateurs, les bouteilles sont très inflammables. Un danger pour les autres usagers et les piétons, surtout si une voiture explose. Face à ce phénomène, les associations réagissent à l'image de la Ligue contre la violence routière. Cette dernière demande notamment un durcissement de la loi en considérant, par exemple, le protoxyde d'azote comme une drogue. Dans une situation d'homicide routier, les conducteurs pourraient se voir imputer des circonstances aggravantes.

publié le 5 novembre à 07h00, Thibaut Simon, Media365

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