Ford demande un assouplissement des règles européennes sur les voitures thermiques
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Alors que l'industrie automobile européenne traverse une période de fortes turbulences, Ford appelle Bruxelles à revoir certaines exigences imposées aux constructeurs concernant les émissions de CO2. Le constructeur américain estime que le rythme actuel de la transition vers l'électrique fragilise davantage un secteur déjà confronté à une concurrence internationale accrue, notamment venue de Chine.
Une industrie automobile sous pression
Depuis plusieurs années, les constructeurs automobiles doivent composer avec des réglementations environnementales de plus en plus strictes en Europe. L'objectif fixé par l'Union européenne est clair : réduire drastiquement les émissions de CO2 du secteur automobile afin d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050.
Dans ce cadre, les voitures thermiques neuves devraient progressivement disparaître du marché européen à horizon 2035. Les constructeurs sont également soumis à des plafonds d'émissions très précis, sous peine de lourdes sanctions financières.
Mais pour Ford, ces objectifs deviennent particulièrement difficiles à tenir dans le contexte actuel du marché automobile.
Ford inquiet face au ralentissement de l'électrique
Le constructeur américain reconnaît que la transition vers les véhicules électriques reste indispensable, mais juge que le marché européen ne progresse pas assez vite pour suivre les ambitions réglementaires imposées par Bruxelles.
Les ventes de modèles électriques peinent encore à décoller dans plusieurs pays européens, notamment en raison des prix élevés, d'un réseau de recharge parfois insuffisant et d'une demande plus hésitante qu'anticipé.
Ford estime ainsi que les constructeurs risquent de subir des pénalités importantes alors même que les consommateurs ne basculent pas massivement vers l'électrique.
Pour rappel, la marque s'était pourtant engagée à proposer une gamme 100 % électrique pour ses véhicules particuliers en Europe d'ici 2030.
Bruxelles sous pression de plusieurs constructeurs
Ford n'est pas le seul constructeur à réclamer davantage de flexibilité. Plusieurs groupes automobiles européens demandent également un assouplissement du calendrier ou des objectifs intermédiaires afin de mieux gérer la transition énergétique.
L'Union européenne a déjà accepté certains ajustements ces derniers mois, notamment sur le calcul des émissions moyennes des constructeurs.
Malgré cela, le débat reste très sensible. D'un côté, les industriels alertent sur les risques pour l'emploi et la compétitivité européenne. De l'autre, les défenseurs des objectifs climatiques estiment qu'un ralentissement pourrait compromettre les ambitions environnementales de l'Europe.
Le défi de la concurrence chinoise
Au-delà des normes environnementales, les constructeurs historiques doivent aussi faire face à la montée en puissance des marques chinoises, particulièrement agressives sur le marché des voitures électriques.
Grâce à des tarifs souvent plus compétitifs et à une avance importante dans la production de batteries, plusieurs constructeurs chinois gagnent rapidement du terrain en Europe.
Dans ce contexte, Ford considère qu'un assouplissement temporaire des règles pourrait permettre aux marques européennes et américaines de rester compétitives tout en poursuivant leur transition vers l'électrique.
publié le 21 mai à 12h00, Eléonore Remonnay, Media365