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Épaviste : bon plan ou arnaque pour les automobilistes ?

© Shutterstock, Media365

On en trouve par dizaine, collées à des feux tricolores. Les affiches d'épaviste garnissent les carrefours de nos villes, pour reprendre votre véhicule laissé à l'abandon. Mais la pratique est-elle légale ?

« Achète tous types de véhicule, gratuit ». Ce genre de message, accompagné d'un numéro de téléphone, on les retrouve partout, placardés sur les feux de signalisation. Derrière ces affiches se cachent des professionnels reprenant votre véhicule gratuitement. Dans certains cas, ils vous offrent une somme, payée en espèces. 100, voire 150 € pour un véhicule abandonné qui sera ensuite placé dans une casse automobile. Une fois déposé dans celle-ci, l'épaviste en question réalise une marge avec une revente intéressante. Pour les usagers, cet enlèvement est un cadeau tombé du ciel. Dans certains cas, il s'agit plutôt d'une arnaque ou tout simplement de « faux épavistes », alimentant une filière illégale.

Comment se débarrasser de son véhicule ?

Ce n'est pas un métier illégal, mais la profession souffre d'un réseau secondaire avec des règles de sécurité bafouées. En France, plus d'un million de véhicules sont déclarés « épaves ». Pour se débarrasser d'un VHU (Véhicule hors d'usage), la solution la plus simple est d'appeler un centre agréé. L'État propose d'ailleurs un site avec une liste de tous les épavistes agréés dans l'Hexagone. Vous avez également la possibilité d'appeler des professionnels du secteur à l'image du site Goodbycar, qui propose un suivi complet du véhicule. Il vous suffit, une fois l'estimation réalisée, de déposer le véhicule au centre ou d'appeler un technicien qui enlèvera votre véhicule à votre domicile.

Pourquoi appeler un centre agréé ?

Faire appel au premier épaviste venu, repéré sur une petite affiche ou un site douteux, peut vite tourner aux ennuis. D'une part, rien ne garantit le sérieux du professionnel ni le respect des règles de sécurité lors de l'enlèvement de votre véhicule. Dans certains cas, le transport de l'épave se fait sans précaution, avec des risques d'accident dont vous pourriez être tenu responsable. De plus, en confiant votre voiture à ces intervenants non agréés, vous ne recevrez pas le certificat de destruction officiel. Or, ce document est indispensable : il atteste que votre véhicule a bien été détruit et radié du fichier national des immatriculations. Sans lui, votre ancienne voiture pourrait être réutilisée à des fins frauduleuses, voire impliquée dans des affaires de vol. C'est pour éviter ce genre de dérives que l'État a renforcé la réglementation du secteur. La loi AGEC sur l'économie circulaire vise notamment à réduire le nombre de casses automobiles illégales ou non conformes, en favorisant les centres agréés et les filières de recyclage responsables.

publié le 9 novembre à 07h00, Thibaut Simon, Media365

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