Emmanuel Macron veut taxer davantage les voitures électriques chinoises
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Face au grave déficit commercial de l'Union européenne vis-à-vis de la Chine, le Président français Emmanuel Macron souhaite imposer des droits de douane additionnels sur les produits d'une dizaine de secteurs, notamment des batteries et des véhicules électriques.
Après une visite diplomatique en Chine de trois jours sans annonce ou contrat d'envergure, le président Emmanuel Macron est rentré à Paris en dégainant une nouvelle proposition : mettre en place des droits de douane plus sévères sur certains produits importés de l'Empire du Milieu « dans les tout prochains mois ». Pour justifier une telle mesure, il s'appuie sur les chiffres du déficit commercial européen vis-à-vis de la Chine : plus de 300 milliards d'euros en 2024. « Nous ne pouvons pas constamment importer. Les entreprises chinoises doivent venir sur le sol européen », a-t-il plaidé dans les colonnes des Échos.
« Prendre des mesures fortes »
Cette proposition intervient alors que la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine - lesquels ont imposé des droits de douane de 47% sur tous les produits chinois importés - menace d'accélérer encore davantage les flux de marchandises en provenance de Chine et à destination de l'Union européenne, Pékin cherchant de nouveaux débouchés pour contrebalancer la baisse des exportations vers les USA. « Je leur ai dit que s'ils ne réagissaient pas, nous, Européens, serions contraints, dans les tout prochains mois, de prendre des mesures fortes (...) à l'instar des États-Unis, comme par exemple des droits de douane sur les produits chinois »
Une dizaine de secteurs concernés
Ce sont au total une dizaine de secteurs qui sont concernés, notamment ceux des batteries, des véhicules électriques , du raffinage de lithium, de l'éolien, du photovoltaïque, des pompes à chaleur, des produits d'électroniques grand public, ou encore des technologies de recyclage. Seulement, et le président français prévient, la constitution d'un front commun sur le sujet avec les autres États membres risque de prendre du temps et de se heurter à quelques réfractaires, notamment l'Allemagne qui est très présente en Chine. Au bout du compte, ces annonces traduisent pour le moment davantage une volonté qu'un véritable plan d'attaque vis-à-vis des entreprises chinoises.
publié le 14 décembre à 07h00, Quentin Pannaud, Media365