Écrans tactiles en voiture : pourquoi les automobilistes commencent à les rejeter
© Icon Sport, Media365
Longtemps présentés comme un symbole de modernité, les écrans tactiles ont progressivement envahi les habitacles des voitures. Navigation, climatisation, multimédia ou encore réglages du véhicule : tout passe désormais par une interface numérique. Mais cette évolution, censée simplifier la vie des conducteurs, est de plus en plus critiquée. Une récente analyse met en évidence un constat préoccupant : ces équipements pourraient nuire à la sécurité et à l'ergonomie de conduite.
Des commandes toujours plus complexes
Depuis plusieurs années, les constructeurs automobiles remplacent les boutons physiques par des écrans tactiles capables de centraliser la majorité des fonctions du véhicule. Si cette solution permet de moderniser l'habitacle et de limiter le nombre de commandes, elle oblige aussi les conducteurs à naviguer dans différents menus pour réaliser des actions pourtant très simples. Régler la température, modifier la ventilation ou activer certaines fonctions nécessite désormais plusieurs manipulations. Contrairement à un bouton traditionnel, un écran tactile ne peut pas être utilisé uniquement au toucher. Le conducteur doit détourner son regard de la route, ce qui augmente les risques de distraction. Le club automobile allemand ADAC observe d'ailleurs une dégradation progressive de l'ergonomie des véhicules récents. Entre 2019 et 2025, les notes attribuées à la facilité d'utilisation des voitures ont nettement baissé, une évolution largement attribuée à la généralisation des interfaces numériques.
Une sécurité routière remise en question
Cette multiplication des écrans ne soulève pas seulement des questions de confort. Elle préoccupe également les organismes spécialisés dans la sécurité routière. L'Euro NCAP, qui évalue la sécurité des voitures commercialisées en Europe, estime que certaines commandes essentielles ne devraient plus dépendre exclusivement d'un écran tactile. À partir de ses nouveaux critères d'évaluation, l'organisme favorisera les véhicules qui conservent des commandes physiques pour des fonctions comme les clignotants, les feux de détresse, les essuie-glaces ou encore le klaxon. L'objectif est de réduire le temps pendant lequel le conducteur quitte la route des yeux.
Les constructeurs amorcent un retour aux boutons
Face aux critiques des automobilistes, plusieurs marques commencent déjà à revoir leur copie. Certains constructeurs reconnaissent que le tout tactile atteint aujourd'hui ses limites et réintroduisent progressivement des commandes physiques pour les fonctions les plus utilisées. L'idée n'est pas de supprimer les écrans, devenus incontournables pour la navigation, les aides à la conduite ou les services connectés. En revanche, un meilleur équilibre entre commandes numériques et boutons traditionnels pourrait permettre de retrouver une utilisation plus intuitive tout en améliorant la sécurité. L'habitacle du futur devrait donc conserver ses technologies embarquées, mais avec une approche davantage centrée sur l'ergonomie. Une évolution qui pourrait satisfaire aussi bien les amateurs de nouvelles technologies que les conducteurs attachés à une conduite plus simple et plus naturelle.
publié le 7 juillet à 14h00, Eléonore Remonnay, Media365