Contrairement aux idées reçues, les jeunes aiment encore la voiture
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Si l'on entend depuis plusieurs années que la génération Z se détourne de l'automobile, les chiffres récents montrent une réalité bien différente. Entre besoin d'autonomie, contraintes territoriales et nouvelles pratiques de mobilité, la voiture reste un élément central dans la vie des 16-30 ans.
Depuis plusieurs années, l'idée selon laquelle les jeunes se détourneraient de la voiture circule largement. Pourtant, les dernières études montrent une réalité plus nuancée. Si leurs usages évoluent, l'automobile reste pour beaucoup un outil essentiel pour se déplacer, étudier ou travailler.
La voiture reste un outil essentiel pour de nombreux jeunes
La voiture n'est plus seulement un symbole du statut d'adulte ou un plaisir ostentatoire ; elle constitue avant tout un outil pratique et souvent indispensable. Selon le baromètre « Jeunesse & Confiance » mené par OpinionWay, 80 % des jeunes de 16 à 25 ans ont déjà renoncé à un loisir, à une formation ou même un travail faute de solution de transport adaptée. Les transports en commun insuffisants et des horaires incompatibles rendent le passage du permis et l'achat d'un véhicule presque incontournables, en particulier hors des grandes villes si la jeunesse veut continuer à sortir, travailler et étudier. Dans ce contexte, la voiture n'est donc pas une passion mais une nécessité, garantissant aux jeunes un accès à la vie sociale et professionnelle sans dépendre des parents ou des infrastructures publiques.
Le coût de l'automobile et l'essor des mobilités alternatives
Le principal obstacle pour les jeunes reste le coût du permis, de l'assurance, du carburant et de l'entretien. Aujourd'hui, 73 % des 16-30 ans possèdent leur permis, contre 92 % il y a dix ans. Cette baisse s'explique par le prix du permis de conduire très élevé, par des listes d'attente pour les examens à rallonge, ainsi que par l'apparition de transports en commun de plus en plus nombreux, et une forte migration des jeunes vers les villes, zones où avoir une voiture est moins vital. Parmi eux, environ 50 % possèdent leur première voiture avant 20 ans, privilégiant majoritairement l'occasion (68 % en France) pour des raisons économiques. Certains jeunes ayant le permis de conduire en poche ne s'en servent donc que sur des véhicules de prêt ou lorsqu'ils ne conduisent pas par manque de nécessité ou de moyens. Les véhicules sans permis connaissent également un essor important : entre 2019 et 2023, leurs ventes ont doublé en France (de 13 000 à 26 000 unités), offrant une première autonomie dès 14 ans, notamment pour les populations rurales. Parallèlement, les jeunes adoptent de plus en plus la mobilité multimodale ; 69 % utilisant le vélo et 56 % le covoiturage. Ces solutions n'ont toutefois pas totalement remis en cause la place centrale de la voiture, qui reste perçue comme indispensable par une grande partie de la jeunesse.
Une fracture ville/campagne
L'écart entre zones urbaines et rurales influence fortement le rapport des jeunes à la voiture. En ville, 72 % des jeunes estiment pouvoir accéder facilement aux activités culturelles, contre seulement 56 % en milieu rural, et pour l'école, 82 % des urbains ont un accès facile, contre 65 % des ruraux. Dans ces contextes, la voiture n'est pas un luxe mais un outil pratique et souvent indispensable pour aller au lycée, au travail ou aux loisirs. Malgré cet usage très fonctionnel, le plaisir de conduire reste réel, avec 70 % des 18-30 ans qui apprécient prendre le volant et 80 % qui expriment un fort attachement à leur voiture. Au final, si les jeunes utilisent davantage les transports alternatifs, la voiture reste pour beaucoup un outil indispensable, notamment en dehors des grandes villes.
publié le 4 mai à 07h00, Sébastien Vanhouche, Media365