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Comment expliquer la telle suprématie mondiale de Toyota ?

© Toyota, Media365

Toyota est de loin le premier constructeur automobile au monde, et c'est grâce à une stratégie parfaitement rodée. Partenariats, implantations massives à l'étranger, innovations et stratégies d'industrialisation y sont pour beaucoup.

Depuis plusieurs années, Toyota est le premier constructeur automobile au monde, et de loin. Avec 10,7 millions de voitures vendues dans la plupart des pays, le groupe japonais surpasse ainsi Volkswagen (8,7 millions), Hyundai/Kia (7,23 millions), Stellantis (5,6 millions) ainsi que General Motors (4,69 millions) qui fut numéro pendant de longues décennies. Mais comment expliquer un tel succès ?

Une stratégie basée sur les partenariats

Déjà, Toyota a historiquement, depuis sa création, été le leader incontesté sur son marché intérieur : le Japon. Le groupe capte aujourd'hui 49% de son marché intérieur en propre, et même plus si l'on inclut les nombreux partenariats qu'il a noués avec ses compatriotes : Isuzu, Mazda, Daihatsu, Subaru, et Suzuki. Mis bout à bout, les Toyota ainsi que les modèles Toyota rebadgés par ces marques, représentent 70% de parts de marché. Un chiffre fou, qui est aussi à mettre au crédit du cloisonnement dont fait preuve le Japon vis-à-vis des constructeurs étrangers, qui représentent moins de 10% des ventes du pays.

Tout pour l'International

Grâce à cette excellente santé sur le marché japonais, Toyota a très tôt pu engranger du profit, et donc générer une importante manne financière lui permettant de se développer à l'International, notamment entre les années 70 et 2000. Dans les années 80, le groupe était ainsi arrivé en Europe ainsi qu'aux États-Unis, où il avait rapidement construit des usines : Sunderland au Royaume-Uni, Fremont aux États-Unis, avant de nouer, plus tard, des partenariats avec des marques chinoises pour s'implanter localement dans le pays. La marque prenait ainsi de court ses principaux concurrents, et s'est rapidement fait un nom à l'étranger.

Des modèles développés au cas par cas

C'est aussi le développement de modèles taillés pour les marchés du monde qui a permis à Toyota de tirer profit des ventes. Des petites citadines en Europe aux berlines low-cost dans les pays émergents, des SUV aux États-Unis aux gros 4X4 dans les pays du Golfe, elle a toujours su s'adapter aux attentes des clients, proposant parfois des modèles qui n'existaient alors pas (comme le RAV4, tout premier SUV de grande série au monde). Le pari de l'hybride, remporté dès 1997 avec la première génération de Prius , a aussi permis à la marque de proposer une technologie unique sur le marché. Aujourd'hui, l'hybride (simple, full ou rechargeable) représente la très grande majorité des ventes européennes.

Une fiabilité à toute épreuve

Enfin, on pourrait expliquer cette bonne santé par la réputation et l'image que la marque a su se forger au fil des années. Les modèles Toyota figurent aujourd'hui parmi les plus fiables au monde, déjà par les moyens et le temps alloués à leur développement, mais aussi parce que la marque a intégré dans ses standards de qualité l'idée que ses véhicules puissent être utilisés dans n'importe quelles conditions. Là où les Allemands, aux aussi réputés pour leur fiabilité, conçoivent un véhicule pour qu'il soit fiable dans toutes les situations normales d'utilisation, Toyota malmène ses prototypes pour que, même surchargés, même ballotés par la poussière, la pluie, le sel, ils répondent à la fiabilité qu'on attend d'une voiture. L'industrialisation de ces modèles selon le « Toyotisme » (zéro délai, zéro stock, zéro panne, zéro défaut), qui lance la production une fois seulement que le véhicule a été commandé, lui a aussi permis d'avoir une excellente organisation dans l'assemblage et la livraison de ses voitures. Pour toutes ces raisons, Toyota s'est aujourd'hui hissée au sommet du monde.

publié le 22 novembre à 07h00, Quentin Pannaud, Media365

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