Circulation, pollution, bruit : le premier bilan du périphérique à 50 km/h
© Shutterstock, Media365
Un an après l'abaissement de la vitesse sur le périphérique parisien, quels sont les premiers constats sur la circulation et la santé publique ?
Le 10 octobre 2024, le périphérique parisien abaissait officiellement sa vitesse réglementaire de 70 à 50 km/h. Cinq mois plus tard, une voie de covoiturage était instaurée. Ces deux mesures ont été analysées par Airparif (organisme de l'État) par une évaluation rendue publique le 1er octobre dernier. Depuis la mise en place de ces mesures, les chercheurs constatent une « amélioration de l'air », toute proportion gardée...
Du positif et de la prudence
L'annonce avait divisé et divise toujours. Valérie Pécresse (président Île-de-France), opposée à l'abaissement de la vitesse, « continue de penser que cette mesure n'est pas assez efficace en matière environnementale et qu'elle est antisociale ». Airparif n'est pas du même avis. Le premier constat de l'organisme est la baisse moyenne des concentrations en dioxyde d'azote. Ce polluant est principalement retrouvé sur le trafic routier et responsable des maladies respiratoires. Par contre, Airparif est en mesure de dire que l'abaissement de la vitesse et la voie de covoiturage n'ont pas « aggravé » la situation. Si les résultats sont « significatifs » avec une amélioration de la qualité de l'air, un tronçon du boulevard de l'Ouest montre par exemple qu'aucune évolution (ni positive ni négative) n'a été relevée. L'organisme se veut néanmoins prudent. Sur le sujet des particules fines, polluant également généré par les voitures, Airparif ne se prononce pas et demande plus de temps. « Une baisse du trafic de 4 % n'est pas suffisamment importante pour que son impact soit discernable sur les concentrations en particules », explique l'organisme.
Baisse des nuisances, amélioration du trafic ?
Afin de compléter les données publiées par Airparif, l'APUR (Atelier parisien d'urbanisme) a actualisé son suivi du périphérique dans un document publié le 24 septembre. Il en ressort un trafic plus fluide et une baisse des nuisances sonores depuis la mise en place des mesures. Entre octobre 2024 et juin 2025, le nombre d'heures d'embouteillage a reculé de 14 %, tandis que la vitesse moyenne a, elle aussi, légèrement diminué. Les automobilistes roulent moins vite le jour (8 %) et surtout la nuit (18 %). Enfin, les nuisances ont reculé de 2,7 décibels en moyenne sur la période. Si Valérie Pécresse juge ces résultats insuffisants, les mesures resteront en place. Elles devront mûrir pour connaître la réelle efficacité de l'abaissement de la vitesse et l'utilisation de la voie de covoiturage dans le temps.
publié le 20 octobre à 07h00, Thibaut Simon, Media365