Carburants : le gouvernement et les distributeurs s'organisent face à la hausse des prix
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Face à l'explosion des prix du carburant liée au conflit iranien, le gouvernement multiplie les contrôles en stations et appelle les distributeurs à répercuter rapidement une baisse des prix. Certains d'entre eux se sont déjà engagés à baisser leurs tarifs en station.
Les conséquences de la guerre menée actuellement par les États-Unis et Israël en Iran depuis fin février n'ont pas tardé à se faire sentir sur le secteur mondial de l'énergie. Le détroit d'Ormuz, fermé unilatéralement par l'armée iranienne, voit en effet chaque jour transiter 20 % du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié. Désormais bloqué, le prix de l'essence au niveau mondial a atteint très rapidement des sommets. À l'heure d'écrire ces lignes, le litre de Gazole a dépassé le cap symbolique des deux euros. Il s'échange en moyenne à 2,04 € dans l'Hexagone, soit 34,6 centimes de plus qu'il y a un mois (d'après Carbu.com). De même, le SP-95 s'affiche désormais à 1,90 € du litre, le SP-98 à 1,99 € le litre !
Le gouvernement se met en ordre de bataille
Pour tenter de contenir cette hausse et sauver le pouvoir d'achat des Français, le gouvernement a débloqué 14,5 millions de barils de pétrole auprès de l'Agence internationale de l'Énergie (AIE), qui possède 1,2 milliard de barils de « stock d'urgence », dédié aux crises exceptionnelles. De même, il a sommé les professionnels du secteur - groupes pétroliers comme enseignes de grande distribution - de diminuer, en conséquence, le plus rapidement possible leurs prix en station. Certaines enseignes ont déjà promis des baisses significatives de 10 à 30 centimes du litre « dans les tout prochains jours », notamment E.Leclerc et TotalEnergies.
Plusieurs enseignes baissent leurs prix
Pour s'assurer aussi que certains distributeurs peu scrupuleux n'en profitent pas pour augmenter déraisonnablement leurs tarifs, Matignon a missionné la brigade de répression des fraudes (DGCCRF) qui a déjà effectué près de 700 contrôles en station, qui visent à s'assurer que les prix affichés en station correspondent à ceux déclarés par les distributeurs sur la plateforme prix-carburants.gouv.fr. Des contrôles jugés peu utiles par certains observateurs du secteur, l'État ne pouvant imposer aux enseignes une baisse de prix, ces dernières étant libres de les fixer librement. Pire, ces mesures semblent insuffisantes par rapport à celles mises en place par certains de nos voisins, notamment l'Italie, la Grèce ou la Hongrie, qui ont par exemple implémenté un plafonnement des prix ou une réduction de TVA sur les carburants. Une prochaine étape obligatoire face à la flambée des prix ?
publié le 18 mars à 07h00, Quentin Pannaud, Media365