Bientôt 150 km/h sur nos autoroutes ? La question fait débat
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La République tchèque lance actuellement une expérimentation visant à relever la vitesse maximale autorisée sur autoroute à 150 km/h. La mesure pourrait-elle faire jurisprudence en France ?
130 km/h, c'est la vitesse maximale autorisée sur les autoroutes de France. Si la vitesse sur routes secondaires non séparées par un terre-plein central a été abaissée de 90 km/h à 80 km/h progressivement depuis 2019 (dans certains départements), celle sur voies rapides n'a jamais évolué, exception faite de l'année 1974 où elle passa pendant un temps à 140 km/h. Mais si, aujourd'hui, la France décidait de relever cette limite à 150 km/h ? Le projet peut paraître un peu fou en l'état actuel, pourtant c'est ce que vont expérimenter nos amis tchèques.
La République tchèque teste les autoroutes à 150 km/h
À la fin du mois de septembre, la Tchéquie va en effet autoriser la conduite à 150 km/h sur une section de 50 kilomètres reliant Prague à Linz, en Autriche, entre Planá nad Lužnicí et České Budějovice. Cet exercice, qui vise à étudier la faisabilité d'une telle mesure au niveau national, ne sera en revanche pas permanent, mais sujet aux variations météorologiques. En cas de temps clair, des panneaux numériques annonceront aux automobilistes que la vitesse maximale autorisée est relevée à 150 km/h, mais en cas de conditions défavorables (pluie, fort vent, brouillard ou embouteillages), elle sera automatiquement abaissée à 130 km/h, grâce à des capteurs météo et de trafic.
Des mesures similaires en France ?
Alors, cette mesure pourrait-elle faire jurisprudence en France ? C'est vrai que plusieurs territoires européens ont annoncé ces derniers mois expérimenter un relèvement de la vitesse maximale autorisée sur leurs routes (Catalogne, Pays-Bas, Autriche), mais la France ne semble pas prête à suivre cette tendance. Le gouvernement a fait de la mortalité sur les routes l'un de ses fers de lance, comme en témoigne le passage aux 80 km/h sur routes secondaires, et vu la méfiance des associations de sécurité routière - qui défendent que plus la vitesse augmente, plus la mortalité est élevée - difficile d'imaginer qu'il change de position. Les voitures d'aujourd'hui sont pourtant plus sûres qu'il y a trente ans, avec leur panel de systèmes de sécurité active et passive, et permettraient d'envisager une modification des textes en ce sens. L'étude du dossier dépendra du prochain gouvernement...
publié le 30 août à 09h10, Quentin Pannaud, Media365