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Baisse des prix des carburants : le diesel se rapproche de l'essence

© Shutterstock, Media365

Les prix à la pompe n'ont jamais été aussi bas que depuis la crise post-Covid, mais l'écart entre l'essence et le diesel, majoritairement importé, se réduit dangereusement.

Bonne nouvelle pour les automobilistes, les prix des carburants à la pompe semblent s'être stabilisés à des niveaux plus « raisonnables » qu'après le pic post-Covid et post-invasion de l'Ukraine. Le gazole s'affiche en moyenne à 1,65 €/l aujourd'hui, contre 1,68 €/l pour le SP95-E10, mais cet écart de seulement 3 centimes a de quoi inquiéter face aux 15 centimes de différence que l'on enregistrait il y a encore un an. Mais comment expliquer un écart aussi faible ?

La France et le diesel importé

D'abord, la France est encore trop dépendante des importations de diesel. Alors que l'essence est majoritairement raffinée chez nous, près de 50 % du diesel consommé ici est importé de l'étranger. Et, depuis l'embargo sur le pétrole russe, les approvisionnements doivent venir de pays plus lointains comme les États-Unis, l'Inde ou encore le Moyen-Orient, ce qui entraîne des coûts logistiques plus élevés et renforce la pression sur les prix. Le marché mondial du diesel est aussi sous tension. Les stocks en Europe sont au plus bas depuis 18 mois, et les réserves combinées (Europe, États-Unis, Singapour) sont inférieures de 20 % à la moyenne de la dernière décennie. Une rareté qui maintient les prix à un niveau élevé, malgré, pourtant, une baisse de la demande pour les véhicules véhicules diesel neufs dans l'Hexagone.

Les prix pourraient flamber à nouveau

Enfin, l'écart fiscal entre le diesel et l'essence s'est nettement réduit. La TICPE (Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques), qui avantageait historiquement le diesel, n'offre plus qu'une différence de 8 centimes par litre, contre 20 centimes en 2014 ! Si les prix actuels semblent modérés par rapport aux pics récents, cette « bonne nouvelle » camoufle en fait une situation fragile et qui pourrait potentiellement durer, en maintenant les prix à un niveau élevé voire en faisant regrimper leur cours. C'est donc le moment d'en profiter.

publié le 8 août à 07h00, Quentin Pannaud, Media365

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