Aides à la conduite : Bosch veut rendre les ADAS moins intrusifs grâce à l'intelligence artificielle
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Les aides à la conduite sont devenues incontournables dans les voitures modernes. Freinage d'urgence, maintien dans la voie, régulateur adaptatif ou encore alertes de vitesse : ces technologies ont été conçues pour renforcer la sécurité routière. Pourtant, de nombreux automobilistes finissent par les désactiver, les jugeant trop envahissantes au quotidien.
Face à ce constat, l'équipementier allemand Bosch travaille sur une nouvelle approche qui pourrait bien réconcilier conducteurs et systèmes d'assistance.
Des aides à la conduite souvent perçues comme trop intrusives
Sur le papier, les systèmes ADAS (Advanced Driver Assistance Systems) contribuent à réduire les risques d'accident. Dans la pratique, certains conducteurs supportent mal les alertes sonores répétées, les corrections de trajectoire jugées excessives ou encore les interventions automatiques parfois perçues comme inutiles.
Lors d'un événement consacré à la connectivité automobile à Berlin, Bosch a reconnu que ces dispositifs sont souvent calibrés pour les situations les plus critiques. Résultat : ils peuvent intervenir dans des contextes où le conducteur estime garder parfaitement le contrôle de son véhicule.
Cette accumulation d'avertissements finit parfois par provoquer l'effet inverse de celui recherché. Certains automobilistes prennent l'habitude d'ignorer les alertes, tandis que d'autres désactivent tout simplement certaines fonctions d'assistance.
Une voiture capable d'apprendre les habitudes du conducteur
Pour améliorer l'acceptation de ces technologies, Bosch mise sur une personnalisation beaucoup plus poussée. L'idée consiste à permettre au véhicule d'analyser progressivement le comportement de son conducteur afin d'adapter ses interventions.
Par exemple, l'assistance au maintien dans la voie pourrait se montrer particulièrement attentive dans une circulation dense ou dans des conditions de conduite complexes. À l'inverse, elle pourrait limiter ses corrections sur une autoroute peu fréquentée lorsque la situation ne présente pas de risque particulier.
Le même principe pourrait s'appliquer au régulateur de vitesse adaptatif. Plutôt que de laisser l'utilisateur choisir entre différents modes prédéfinis, le système apprendrait automatiquement ses préférences de conduite, comme la distance de sécurité habituellement conservée avec le véhicule précédent.
Vers des ADAS plus intelligents et mieux acceptés
Cette stratégie s'inscrit dans le développement de l'habitacle connecté et de l'intelligence artificielle embarquée. En collectant et en analysant certaines données d'usage, la voiture pourrait progressivement construire un profil personnalisé de son conducteur.
L'objectif n'est pas de supprimer les aides à la conduite, mais de les rendre plus discrètes, plus pertinentes et mieux adaptées aux situations réelles. Une évolution qui pourrait contribuer à réduire le nombre de systèmes désactivés par les automobilistes tout en conservant les bénéfices attendus en matière de sécurité routière.
Alors que les ADAS sont désormais omniprésents dans les véhicules neufs, cette personnalisation pourrait représenter l'une des prochaines grandes évolutions de l'automobile connectée.
publié le 16 juin à 14h00, Eléonore Remonnay, Media365