Accord UE/États-Unis : les voitures importées présentent un risque pour la sécurité
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Dans les termes de l'accord noué avec les États-Unis, l'Union européenne prévoit d'autoriser l'importation de véhicules américains sans adaptation de leurs normes d'homologations. 21 aides à la conduite, obligatoire chez nous, pourraient passer à la trappe, et menacer notre sécurité.
Après avoir imposé en début d'année des droits de douane de 27,5 % sur toutes les voitures importées de l'Union européenne (contre 2,5% précédemment), le président américain Donald Trump avait finalement trouvé un accord avec Bruxelles à la fin de cet été, abaissant finalement ce taux à 15 %. Un accord qui ne s'était pas fait gratuitement, puisque dans la manœuvre l'UE avait elle aussi lâché du lest, et autorisé les véhicules importés des États-Unis d'être vendus sur le Vieux Continent sans modification de leurs normes d'homologation, pourtant bien différentes des nôtres.
Un fossé sécuritaire entre les automobiles européennes et américaines
Systèmes antipollution, d'éclairage, de réduction du bruit, de sécurité active et passive : il existe en effet un gigantesque fossé entre les normes des deux territoires. Auparavant, un Ford F-150 ou une Dodge Charger importée de chez l'Oncle Sam devait procéder à de sérieuses modifications, qui vont finalement sauter à la suite de cet accord, toujours en discussions, mais sur le point d'être entériné. Et cela inquiète fortement les instances de sécurité européennes, notamment le Conseil européen de la sécurité des transports (ETSC), qui rappelle que les véhicules américains sont beaucoup moins protecteurs que les véhicules américains, à la fois pour la sécurité des occupants que dans celle des autres usagers. Preuve à l'appui : les accidents mortels ont augmenté de 30 % aux États-Unis depuis 2010, alors qu'ils ont baissé de 36% dans les pays membres de l'UE.
21 aides à la conduite absentes des véhicules américains
On pourrait résumer la chose ainsi : les Américains privilégient la sécurité passive, qui minimise les risques pour les occupants en cas d'impact, quand les Européens misent tout sur la sécurité active, conçue pour éviter les collisions. Et c'est justement ce dernier point qui inquiète les experts de l'ETSC. Selon eux, les voitures américaines sont dénuées de 21 aides à la conduite obligatoires sur le continent, pour la plupart des équipements de sécurité active. C'est le cas par exemple du système de freinage d'urgence, de l'assistant de maintien dans la voie, de l'alerte de somnolence du conducteur, de la lecture automatique des panneaux de signalisation, le système d'appel d'urgence E-Call (pourtant inventé par General Motors, sous l'appellation OnStar à l'époque), ou encore du kit de démarrage éthylométrique pour les conducteurs condamnés pour conduite sous l'emprise d'alcool.
Pas de raz-de-marée pour autant
Il ne faut pas être alarmiste pour autant, le volume de voitures américaines importées dans l'UE - si le texte est effectivement adopté - devant rester très faible. Déjà parce que les Européens sont friands de petits modèles, et qu'il n'y a pas vraiment de valeur ajoutée à importer une citadine Chevrolet ou un crossover Ford compte tenu des modèles déjà disponibles en Europe et distribués par nos marques. Mais aussi parce que les seuls modèles américains susceptibles d'intéresser les Européens, à savoir les gros pick-up et SUV ou les sportives, seraient sujets à de fortes taxes sur leur poids et leurs émissions, sans parler de leur consommation de carburant délirante. Le « raz-de-marée » ne devrait donc pas avoir lieu...
publié le 9 décembre à 05h00, Quentin Pannaud, Media365