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À l'approche de l'hiver, l'état de nos infrastructures routières inquiète

© Shutterstock, Media365

Un nouveau rapport pointe du doigt l'état alarmant dans lequel se trouvent de nombreux ponts et murs de soutènement du réseau secondaire français. 7% des ouvrages d'art seraient concernés !

Si les autoroutes françaises brillent par l'excellent état de leurs infrastructures (routes, ponts et stations) , c'est avant tout parce que l'État a délégué à leur entretien et leur gestion à des concessionnaires privés, parmi lesquels Vinci Autoroute, APRR et Sanef-SAPN. Un bon suivi grâce aux recettes engrangées par les péages, qui sont tous payants sur ces axes. En revanche, dans le cas des routes secondaires, placées sous la gestion de l'État par le biais des départements et régions, cela pèche beaucoup plus...

7% des ouvrages d'art seraient en mauvais état

La Cerema, un établissement public administratif sous la responsabilité du ministère de la Transition écologique, vient de mettre en lumière, dans un nouveau rapport, le détail alarmant des infrastructures secondaires présentant des problèmes de structures, et donc des risques pour la sécurité des usagers. Ainsi, on apprend que 3 607 ponts et murs de soutènement (qui empêchent les glissements de terrain des buttes placées de part et d'autre des chaussées) « nécessitent une action immédiate liée au mauvais état des équipements ». Sur les 52 799 ouvrages d'art que compte le pays, cela représente tout de même 7% du réseau ! Et il n'y a pas que ça puisque la Cerema rajoute aussi que 29% des ponts et 18% des murs de soutènement présentent des désordres structuraux significatifs ou majeurs et nécessitent des études plus approfondies puis des travaux de réparation à brève échéance.

L'État a besoin de 3,3 milliards d'euros

Selon l'organisme, le gouvernement devrait mettre de sa poche quelque 3,3 milliards d'euros pour réaliser d'urgence des mesures d'entretien. 15 000 communes seraient concernées, et 800 millions d'euros nécessaires pour les ouvrages les plus dégradés. « Il faut que les collectivités mettent en place des politiques de longs termes pour traiter les priorités, notamment sur les routes très fréquentées, mais aussi ne pas devoir à nouveau rattraper un retard dans 15 ans », explique David Zambon, directeur infrastructure de transports et matériaux du Cerema. Seulement, le flou qui gravite autour du vote du Budget 2026 ne laisse présager rien de bon, car si vote il y a, le gouvernement a d'autres dossiers plus urgents à régler. Nous risquons donc d'encore accumuler du retard sur le sujet, et continuer de voir lentement se dégrader les ouvrages d'art de notre réseau secondaire.

publié le 27 novembre à 12h18, Quentin Pannaud, Media365

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