A vendre : prototype Toyota 92C-V de 1992

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A vendre : prototype Toyota 92C-V de 1992
A vendre : prototype Toyota 92C-V de 1992
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© Motorlegend

, publié le 3 octobre

La société Art & Revs propose actuellement à la vente un châssis Toyota 92C-V qui participa à trois reprises aux 24 Heures du Mans au début des années 90, et rallia à chaque fois l'arrivée de l'épreuve mancelle.

Avant de s'imposer à quatre reprises consécutivement dans la Sarthe avec ses modèles TS050 Hybrid et Toyota GR010 Hybrid, le constructeur japonais a emmagasiné de l'expérience au Mans (et de nombreux échecs) avec différents modèles engagés sur l'épreuve dès les années 80, et la victoire de Mazda en 1991 ne fit qu'accroître son intention de s'imposer sur le double tour d'horloge sarthois dont la notoriété a toujours été immense auprès du public japonais.

La 92C-V (ou « 1992 Groupe C V8 ») lancée en course en 1992, était construite par Dome (partenaire de Toyota depuis 1979) et disposait par rapport au modèle précédent (90C-V) d'une nouvelle carrosserie, d'une nouvelle suspension, d'un système de freinage en carbone et d'un moteur plus puissant.

Deux Toyota 92C-V furent engagées au Mans en juin 1992, dont ce châssis 001 arborant le n°35 et une splendide livrée rose et blanche. Piloté par le trio Fouché/Andskar/Johansson, le véhicule était engagé sous les couleurs de Toyota Team Tom's était aligné par Trust, une équipe japonaise bien connue. Qualifié en 17ème position sur la grille, le véhicule intégra rapidement le Top 10 et se classa finalement cinquième de cette épreuve marquée par une météo exécrable.

L'année suivante le châssis 92C-V fut rebaptisé « 93C-V », et adopta de nouveaux éléments aérodynamiques sur sa face avant afin de lui garantir d'avantage d'appuis. Affichant cette fois le n°25, le véhicule fut aligné au Mans avec pour pilotes le Néo-zélandais George Fouché et les Suédois Eje Elgh et Steven Andskar, et sans grande ambition face à trois Peugeot 905 et quatre Toyota TS010 officielles. Contre toute attente, la 93C-V se classa pourtant 5ème de cette course conclue sur un triplé des Peugeot 905.

La carrière de ce châssis en compétition aurait dû s'arrêter là, mais le changement de réglementation intervenu en 1994 encouragea Toyota à transformer sa 92C-V en un modèle LMP1. Le véhicule fut de nouveau confié à la paire Fouché/Anskar, complétée cette fois par l'excellent Bob Wolleck. Qualifiée en 8ème position à seulement 4 secondes de la pole position réalisée par une Courage C32, la 92C-V réalisa une course brillante et évolua régulièrement dans le Top 3 de l'épreuve, avant que des soucis mineurs ralentissent sa progression. Cela ne l'empêcha cependant pas de se classer à une inespérée 4ème place, tandis que la deuxième voiture (châssis 92C-V n°005) prenait la 2ème place finale derrière une Dauer Porsche.

Ce châssis 92C-V n°001 qui réalisa la prouesse de rallier l'arrivée à chacun de ses engagements au Mans, regagna ensuite le Japon aux côtés du châssis 92C-V n°005 (qui se classa 2ème en 1994 au Mans), puis ce dernier fut offert au Musée des 24 Heures. Le châssis n°001 proposé à la vente par Art & Revs a quant à lui été utilisé pour développer le moteur de la Toyota GT-One qui fut engagée au Mans à la fin des années 90.

Art & Revs n'a pas précisé le prix de vente de ce châssis 92C-V que le Team Trust conserva jusqu'à la fin des années 2000. Il fut alors acheté par un collectionneur sud-africain qui l'envoya en Grande-Bretagne pour une restauration complète. Le moteur de près de 800 ch de cette Toyota 92C-V a ainsi été reconstruit en 2021 par l'équipe de Xtec, et développé depuis par Éric Hélary. Un détail amusant quand on sait que le pilote français évolua en piste face à ce châssis 92C-V, lorsqu'il remporta lui-même l'édition 1993 des 24 Heures avec Peugeot.

Crédit photos : Art & Revs

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