ChanJiang CJ 650 Dynasty

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© ChangJiang
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, publié le 12 mars

Routes glissantes ? Pas d'importance quand une troisième roue vient s'ajouter à votre moto. La période hivernale était donc idéale pour essayer ce side-car CJ 650 Dynasty construit par ChanJiang.



Le ChangJiang 650 voit le jour dans les années cinquante. Il est basé sur le side-car soviétique M72 lui-même dérivé du BMW R 71 allemand de 1938. Au fil du temps, ce véhicule va évoluer jusqu'à ce que l'usine décide de le moderniser un peu en remplaçant le vieux boxer par un twin vertical plus moderne. Il s'agit du bicylindre de 649 cm3 à refroidissement liquide fabriqué par CFMoto qui équipe déjà les 600 MT. Pourvu d'une culasse à double arbre à cames commandant 8 soupapes, il développe une puissance de 56 ch pour un couple de 65 Nm. À cela s'ajoutent une boîte de vitesses à quatre rapports et une marche arrière.

Pur jus

Ce side-car a vraiment de la gueule ! Il garde pratiquement le look de son prédécesseur avec ses deux selles montées sur ressort, des suspensions arrière au style coulissant et un panier qui ne déplairait pas au maréchal des logis-chef Cruchot. Cerise sur le gâteau, une fourche à balancier Earles trône à l'avant de cet attelage. L'aspect vintage est encore plus prononcé avec ce coloris noir brillant (existe également en gris Silver). Question look, le twin vertical plus moderne se fond merveilleusement sous le gros réservoir de 20 litres. Les feux à LED sont parfaitement intégrés à l'ensemble comme le tableau de bord encastré dans le phare avant.

Appréhension

Pour grimper sur ce CJ 650, rien de plus facile. Un petit appui du pied gauche sur le repose-pied et hop, me voilà posé sur la selle à ressort à 780 mm du sol. Devant moi, un grand guidon avec barre de renfort et, placé sur le phare, un cadran circulaire qui se compose d'un grand compte-tours analogique et d'un pavé LCD. Celui-ci regroupe la vitesse, le rapport engagé, la jauge à carburant et le kilométrage total. Les commandes sont accompagnées à gauche par un interrupteur bien intégré pour les poignées chauffantes, un bouton pour les deux modes de conduite (économique et sport), un autre pour les feux de détresse et un petit levier pour la marche arrière. À droite, on trouve le grand levier actionnant le frein de parking.

Règles à suivre

C'est sous une pluie battante que je démarre cet essai en commençant par une cinquantaine de kilomètres sur l'autoroute. Ce premier contact me rappelle les deux principes fondamentaux de la conduite d'un side-car. Lorsque l'on accélère, ça tire à droite. Et lorsque l'on freine, c'est le contraire. Je suis surpris par le comportement musclé de ce bicylindre d'à peine 55 chevaux qui propulse facilement les 370 kg. Il y a aussi le comportement caractériel typique de ce type d'engin qui refuse obstinément de rouler droit. Il faut continuellement jouer avec le guidon pour compenser les dérives provoquées par le déséquilibre chronique du side. À la sortie de l'autoroute, le CJ 650 se rappelle à mon bon souvenir. L'amorce d'un tout droit, engendré par mon inattention, aurait pu se payer cash et je ne dois mon salut qu'à un ultime réflexe et une bonne dose d'accélération qui instantanément remettent l'attelage dans la bonne trajectoire.

Plutôt confortable

Le confort est relativement bon et la position de conduite, assez droite, avec les jambes juste pliées comme il faut. Question freinage, les trois disques sont commandés via la seule pédale de frein au pied. Pas d'ABS mais un système combiné qui fonctionne parfaitement. On oublie d'ailleurs qu'il y a un levier de frein avant au guidon. Je croise gentiment à 90 km/h, le moteur ronronne à 5 500 tr/min et pétarade un peu lorsqu'on décélère. C'est assez sympa et bien vintage. Les poignées chauffantes, réglables sur cinq positions, sont les bienvenues en cette fin de journée. À chaque passage d'un rond-point, je m'applique à décomposer les manœuvres, car un side-car, ça ne tourne pas tout seul. La prudence reste de rigueur, surtout si vous êtes peu expérimenté. Rassurez-vous, à la longue, cette conduite atypique devient naturelle. Et c'est un réel plaisir de se balancer de gauche à droite au gré des virages en poussant sur le repose-pied du côté où vous tournez. Notez qu'il n'existe pas de permis de conduire spécifique aux side-cars, et qu'il faut donc se former soi-même.

Place à gogo

Concernant les aspects pratiques, le CJ 650 bénéficie d'un beau coffre verrouillable dans le panier, d'une ceinture de sécurité et, à l'avant du panier, de multiples prises USB et 12V ainsi qu'un voltmètre intégré. Par contre, le bouchon du réservoir de carburant n'est pas monté sur charnière et le trip partiel bascule sur l'odomètre après chaque arrêt. La marche arrière est un véritable plus. Durant cet essai, nous avons relevé une consommation moyenne de 6,2l/100 km. Le réservoir, d'une contenance de 20 litres, autorise donc des étapes avoisinant les 250 km.

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