Voiture sans permis : ventes en hausse, sécurité en baisse ?
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En France, environ 282 560 voitures sans permis circulent sur les routes de l'Hexagone. Un essor spectaculaire, qui attire les jeunes, mais qui représente encore quelques failles d'un point de vue sécurité.
Plus qu'un phénomène en plein boom, les voitures sans permis (VSP) se sont emparées des abords des collèges et lycée de l'Hexagone. Ces petits quadricycles légers, conduisibles dès 14 ans, sont devenus l'addiction des adolescents. Avec leur image pratique, les parents se sont engouffrés sur le marché de la voiture sans permis pour offrir un véhicule synonyme de liberté et d'autonomie à leurs enfants, loin de l'image risqué du scooter. Pourtant, plusieurs études démontrent les failles d'un système en croissance constante. Entre 2019 et 2024, les immatriculations de ces véhicules sont passées de 12 838 à 29 303 unités, soit une hausse de 128 %.
Des chiffres peu rassurants
Aixam, Ligier, Citröen, Fiat... les spécialistes des VSP et les marques généralistes ont fait de ces quadricycles le coeur de leur profession. Accessibles très tôt et aisément - une formation de huit heures en auto-école est requise - ces voitures ont l'image d'une mobilité plus facile pour les jeunes. De quoi expliquer un succès fulgurant. Au-delà de cette popularité et des chiffres de ventes flatteurs, ce sont d'autres statistiques qui ressortent, démontrant un virage plus sombre pour ces engins. En 2024, 445 accidents corporels ont impliqué une VSP, causant 34 morts. De plus, on apprend qu'un blessé sur trois a moins de 18 ans. Enfin, c'est en dehors des agglomérations, à 68 %, que ces accidents se produisent. Dans ces cas, on constate que la vitesse réglementaire de 45 km/h est largement dépassée...
Crash-tests et fragilité structurelle
En creusant un peu plus sur la sécurité de ces modèles populaires, on se rend compte d'un fait troublant. Début décembre, l'assureur MMA Assurances effectuait un crash-test public à bord d'un modèle Citroën AMI. Percuté latéralement à 50 km/h par une voiture classique, l'habitacle de la voiture sans permis a subi une déformation massive : portière pliée, vitres éclatées. Selon les experts, ce type d'accident dans la vraie vie aurait causé « au moins un mort et un blessé grave ». La raison de cette fragilité s'explique tout d'abord par la catégorie à laquelle sont rattachés ces modèles. « Quadricycle léger (L6e) », ces voitures ne sont pas soumis aux mêmes normes de sécurité et de crash-tests que des voitures traditionnelles Leur facilité d'accès ne suffit donc pas à garantir la sécurité. À l'image de l'entreprise allemande Dekra, spécialisée dans la sécurité des véhicules et multipliant les batteries de tests, dont les crash-tests, le constat d'un sous-équipement demeure préoccupant, notamment pour des modèles souvent conduits par des usagers peu expérimentés. Les voitures sans permis, pourtant adulées par la jeunesse, montrent ici leurs limites. Pour continuer à grandir sans compromettre la sécurité, elles devront sans doute revoir leur copie.
publié le 15 décembre à 05h00, Thibaut Simon, Media365