Mobilité douce

Voiture, marche, transports : comment les seniors adaptent leurs déplacements ?

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Le Cerema (Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement) et la Métropole européenne de Lille (MEL) ont lancé une vaste étude sur la mobilité des seniors. Voici quelques enseignements.

Face au vieillissement de la population, la question de la mobilité des seniors devient centrale. C'est dans ce contexte que le Cerema, en partenariat avec la Métropole européenne de Lille (MEL), s'intéresse au sujet depuis 2019. L'objectif est clair : comprendre comment les habitudes de déplacement évoluent avec l'âge, les changements de mode de vie et l'état de santé. « Il s'agit de mieux anticiper les besoins futurs en mobilité, afin de préserver l'autonomie des personnes vieillissantes », explique le Cerema dans ses publications.

La voiture, symbole d'autonomie... mais pas éternelle

Premier enseignement : la voiture reste centrale dans la mobilité des seniors, souvent perçue comme un symbole d'indépendance, surtout dans des zones géographies reculées. 82 % des seniors possèdent un véhicule personnel - un taux supérieur à la moyenne nationale - et plus de 90 % sont en possession du permis de conduire. Toutefois, l'étude montre que son usage diminue progressivement avec l'avancée en âge, notamment lors de transitions clés comme le départ à la retraite ou l'apparition de problèmes de santé. Lorsque la conduite devient plus difficile, la marche à pied s'impose comme un mode de déplacement essentiel, en particulier pour les trajets de proximité. Les chercheurs soulignent également le recours fréquent à des aides, comme les chariots de courses ou les cannes, qui conditionnent fortement les choix de déplacement.

Des fragilités face à des espaces de plus en plus complexes

L'étude met aussi en évidence des vulnérabilités croissantes : difficultés à cohabiter avec des modes de déplacement récents (vélos électriques, trottinettes), complexité des infrastructures ou encore évolution rapide des technologies automobiles. Dans l'Hexagone, l'usage du vélo est par exemple inférieur à 2 % chez les plus de 75 ans, tandis que les transports en commun sont souvent utilisés dans les grandes agglomérations. Pour rappel d'ici 2035, un quart de la population française sera âgé de 65 ans ou plus. Des rues plus sûres, des transports plus simples et mieux adaptés : des changements essentiels pour aider les seniors à continuer à se déplacer librement.

publié le 28 décembre à 09h20, Thibaut Simon, Media365

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