Mobilité douce

Violences transport : plus de sécurité pour les femmes ?

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Face aux agressions et au harcèlement qui touchent encore trop souvent les usagers des transports en commun, le gouvernement a présenté un plan de lutte dédié aux femmes, porté par la ministre déléguée chargée de l'Égalité femmes-hommes, Aurore Bergé.

Chaque jour, des millions de personnes empruntent les bus, métros, trains ou tramways de l'Hexagone. Pour beaucoup de femmes, ces trajets s'accompagnent d'une crainte bien connue : la peur des violences, insultes et agressions auxquelles elles sont confrontées. Face à cette triste réalité, Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l'Égalité femmes-hommes, a présenté mardi 9 décembre un plan d'action. L'objectif affiché est clair : faire des transports un espace sûr, où aucune violence sexiste ou sexuelle n'est banalisée. Le plan repose sur une approche globale, qui combine prévention, accompagnement des victimes et fermeté face aux agresseurs.

« Un système d'alerte unifié »

Élaboré avec le ministère des Transports et construit « avec les opérateurs, les régions, les associations », ce plan gouvernemental veut alerter face aux agressions. Outre les campagnes de sensibilisation, un « système d'alerte unifié » doit voir le jour à l'image du bouton « SOS », déjà en place à Orléans et Montpellier. Un « canal unique de transmission d'informations entre opérateurs et forces de l'ordre » est aussi prévu pour faciliter la prise en charge des victimes et l'arrestation des agresseurs. L'enjeu est de permettre une intervention plus rapide des forces de l'ordre.

Former les agents

En 2024, 3 374 victimes de violences sexuelles dans les transports ont porté plainte. Un nombre inquiétant, en augmentation de 6 % par rapport à 2023. Alors que les femmes représentent 91 % de ces victimes, le gouvernement souhaite agir rapidement pour inverser ces données. Aurore Bergé insiste également sur la mise en place d'une formation à destination des agents (conducteur, médiateur, contrôleur) du réseau de transport en commun français. « Chaque agent en contact avec le public (...) sera formé à reconnaître, comprendre, accompagner les victimes », a-t-elle expliqué, tout en souhaitant « accélérer la féminisation des métiers du transport ».

Des rames « uniquement aux femmes » ?

Avec ce plan, Aurore Bergé affirme une volonté politique : celle de ne plus considérer ces violences comme inévitables. Le 16 octobre dernier, la tentative de viol d'une jeune femme dans le RER C avait suscité de nombreuses réactions et un sentiment d'insécurité constamment présent. Une pétition signée par 32 000 personnes avait d'ailleurs suivi cet événement, relançant le débat sur la création de rames destinées uniquement aux femmes. Une idée qui divise encore l'opinion publique alors que des pays comme le Japon, l'Inde, le Mexique ou l'Allemagne ont mis en place des wagons non mixtes dans leurs transports en commun.

publié le 19 décembre à 07h00, Thibaut Simon, Media365

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