Mobilité douce

Vélo : les femmes toujours en insécurité ?

© Shutterstock, Media365

Une étude récente de l'Institut Flashs met en lumière un phénomène préoccupant : de nombreuses femmes renoncent au vélo en raison de comportements agressifs ou sexistes subis dans l'espace public.

Selon l'étude, 57 % des femmes interrogées déclarent avoir renoncé au vélo à cause d'incidents ou de comportements inappropriés. Près de 6 femmes sur 10 affirment ainsi avoir modifié ou abandonné leur pratique pour des raisons liées à l'insécurité. L'enquête indique également que 41 % des femmes interogées disent avoir subi des comportements agressifs ou sexistes lors de leurs trajets. « Se déplacer à vélo, une expérience loin d'être la même pour toutes et tous », décrit l'étude Flashs. De quoi s'inquiéter sur le développement du vélo dans l'espace public en France.

Des comportements qui se répètent

Le paradoxe est bien réel. Alors qu'un Français sur deux utilise régulièrement un deux-roues, plusieurs données révèlent un écart entre la théorie et la réalité. Les femmes en sont l'illustration. 6 % d'entre elles déclarent subir au moins une fois par semaine un comportement agressif. Les chiffres augmentent : 12 % au moins une fois par mois et 23 % de façon répétée.

Des témoignages édifiants

Au-delà des statistiques, les témoignages recueillis donnent un visage plus sombre aux chiffres. Certaines femmes évoquent des insultes à connotation sexiste : « J'avais une jupe sur mon vélo. On m'a insultée », explique une cycliste, tandis que d'autres détaillent des paroles et actes dangereux : « Une voiture m'a frôlée très fortement avant de m'insulter. T'es qu'une folle de rouler au milieu, t'as tes gosses, t'es dangereuse. » Ces expériences combinent insécurité routière et violence sexiste, créant un climat anxiogène sur la route.

Quelle(s) solution(s) ?

L'étude souligne que la question n'est pas uniquement celle des infrastructures cyclables, mais aussi celle du respect et de la place des femmes dans l'espace public. Tant que ces comportements persisteront, le vélo restera pour beaucoup un moyen de transport perçu comme risqué. Afin de surpasser cette difficulté, les femmes décident de rouler en groupe pour gagner en confiance. Pour Eva Cordioli, fondatrice de l'association Femmes à vélo, ce changement de mentalité passera par l'éducation. « Je pense qu'elles ont droit à un espace où elles se sentent en sécurité. Il faut faire encore de l'éducation. »

publié le 23 février à 06h00, Thibaut Simon, Media365

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