Vélo enfant : beaucoup de roues, peu de trajets !
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En France, une large majorité d'enfants possède un vélo. Mais ils roulent peu !
Le vélo fait partie de notre quotidien. Pour les enfants, il fait quasiment partie intégrante de leur vie depuis le berceau. Ce n'est d'ailleurs pas une surprise d'apprendre que près de 85 % de nos bambins en possèdent un. Si l'équipement est un constat positif, l'usage en est un autre ; il est beaucoup moins gratifiant pour cette catégorie d'âge. En effet, les derniers rapports de l'ADEME (agence de la transition écologique) montrent que moins de 5 % des enfants utilisent un vélo pour leurs trajets quotidiens. Certains marchent, quand d'autres préfèrent la voiture familiale.
Pourquoi la pratique du vélo reste si minoritaire ?
Cette situation n'est pas une fatalité, mais le résultat de facteurs bien français. Trois problématiques ressortent clairement. D'abord, la sécurité. Trop peu de pistes cyclables continues, de routes partagées avec les voitures et de nombreux trottoirs étroits. De quoi refroidir les parents, qui jugent souvent les trajets « trop dangereux ». Ensuite, la distance. Dans les zones rurales ou périurbaines, les écoles sont parfois à plusieurs kilomètres, le long de routes sans aménagement. Enfin, les habitudes. Dans celles-ci, on retrouve notamment l'usage de la voiture. Elle reste la solution de confort, surtout quand on dépose les enfants avant d'aller travailler. D'après l'enquête de l'ADEME, 90 % des enfants vivent dans un foyer motorisé. Le constat est d'autant plus frappant qu'un quart des trajets de 1 à 2 km se font en voiture. Pourtant, les bienfaits du vélo sur la santé sont connus.
Le vélo, bienfaiteur du quotidien
Santé, autonomie, confiance en soi... Les effets positifs de l'usage du vélo chez les enfants ne sont plus un secret. Lorsqu'ils pédalent, ces derniers gagnent même en concentration en classe. Et les enfants, eux, adorent pédaler. Pour passer à la vitesse supérieure, les habitudes doivent changer. Quelques signaux positifs émergent. Le programme « Savoir Rouler à Vélo » forme déjà des milliers d'écoliers aux bases de la conduite et du Code de la route. Des villes comme Strasbourg, Grenoble ou Rennes multiplient les « rues scolaires », où la circulation automobile est interdite aux abords des écoles. L'ADEME et les collectivités locales planchent sur des projets d'écomobilité scolaire, où marche et vélo deviennent la norme. Mais le chemin reste long. En 2025, un enfant français met en moyenne 11,6 ans avant d'effectuer son premier trajet seul - un âge nettement plus tardif que celui de leurs parents. Pour inverser la tendance, il faudra développer des itinéraires réellement sécurisés, encourager l'autonomie et donner un véritable élan collectif.
publié le 12 décembre à 07h00, Thibaut Simon, Media365