Mobilité douce

Vélo en ville : le casse-tête de la cohabitation !

© Shutterstock, Media365

Le plan vélo et marche (2023-2027) adopté par la France doit redessiner les contours de la culture deux-roues sur le territoire. Dans la pratique, les choses ne sont pas aussi simples.

La France est sûrement au carrefour de sa politique vélo. Les deux milliards d'euros prévus par le plan vélo et marche jusqu'en 2027 n'est que le point de départ des solutions mises en place pour offrir aux Français un espace sûr, viable et pérenne. À travers ce plan, plusieurs points sont abordés avec la formation des plus jeunes, le développement du deux-roues en tant que mode de déplacement à part entière, mais aussi l'économie du cycle (assemblage, industrie, vente). Afin de rassembler pratiquants et politiques autour de ce moyen de transport, les communes ont elles aussi des obligations légales. Oui, mais voilà, le terrain est plus complexe qu'il n'y paraît.

Les villes accueillent les cyclistes

Depuis la loi d'orientation des mobilités datant de 2019, les métropoles n'ont plus le choix. Il faut faire de la place aux vélos. Usagers vulnérables, les cyclistes profitent aujourd'hui de plus de 76 000 km d'aménagements cyclables. En 2030, l'objectif de l'État est d'atteindre les 100 000 km. À Lyon par exemple, le plan vélo 2030 est en action. 670 km d'aménagements : c'est l'objectif afin de doubler la surface actuelle dans la cité rhodanienne. Problème, la construction des pistes cyclables est un casse-tête pour les métropoles. Sur le terrain, cyclistes, piétons et automobilistes ne s'y retrouvent plus.

Des aménagements qui posent question

Désireux de rouler plus écologiquement, le vélo attire naturellement les Français. Entre 2019 et 2024, les déplacements à vélo ont augmenté de 40 %. Mais où peuvent-ils rouler ? Adjoint à la mairie de Strasbourg, Marc Hoffsess avoue que la France a peut-être « atteint ses limites avec une ambition trop grande ». Dans la métropole du Bas-Rhin notamment, certains dispositifs rendent la circulation conflictuelle, voire impossible entre cyclistes et automobilistes. En faisant de la place aux vélos, les communes rendent de plus en plus compliqué l'accès aux voitures dans certaines rues. Plusieurs riverains font le même constat. Depuis l'apparition des pistes cyclables, le stationnement s'est réduit, obligeant les livreurs par exemple à se garer sur la chaussée.

Le vélo, un vrai secteur d'activité

Le sujet du vélo en ville divise, malgré les volontés de l'État. À moins de se ranger derrière le vrai potentiel du vélo et sur des actions qui fonctionnent. Bon pour la santé, le vélo est également une porte d'entrée au tourisme dans l'Hexagone. La France est deuxième au niveau mondial du vélotourisme, qui génère actuellement près de quatre milliards d'euros de revenus. « L'objectif, c'est d'être leader mondial [...] On n'est pas loin des 4 milliards d'euros et 33 800 emplois directs en France, donc c'est un vrai secteur d'activité », détaille l'éditorialiste Nicolas Doze. Tout n'est pas à jeter, même si les frictions entre usagers rendent la cohabitation compliquée.

publié le 20 octobre à 05h00, Thibaut Simon, Media365

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