Transport scolaire : le bus électrique doit encore faire ses preuves ! 

Transport scolaire : le bus électrique doit encore faire ses preuves ! ©Shutterstock, Media365
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, publié le 9 avril

La France est le 2ème parc de bus en Europe alors qu'elle n'est que 11ème dans le développement des bus électriques. Un développement tardif, mais qui pourrait servir à l'avenir le domaine scolaire. Et si les enfants se déplaçaient uniquement en bus électrique ?



Pour encourager les mobilités vertes, les transports électriques apparaissent comme la solution évidente. Trottinettes, vélos sont déjà entrés dans les mœurs, mais qu'en est-il des bus ? Les communes possèdent-elles une flotte électrique conséquente ? Entre 2019-2020, le volume de bus électriques a été multiplié par trois. D'ici 2024, la RATP a annoncé verdir son parc de bus avec environ 1 000 bus électriques et 1 600 bus biométhane.

Et si le transport scolaire en profitait ? Trop peu développé dans ce domaine, il existe pourtant des alternatives pour emmener les jeunes bambins à l'école. En Haute-Savoie, la commune de Saint-Pierre-en-Faucigny a lancé en septembre 2021 un bus 100 % électrique.

Deux aspects

Les bus électriques dans le domaine scolaire ont deux raisons d'être. D'une part, ils réduisent considérablement les émissions de CO2, quand on sait que les transports en commun polluent de manière générale. D'autre part, ils sensibilisent les enfants sur l'environnement. Les accueillir dans un bus décarboné est une première prise de conscience pour ses futurs utilisateurs de mobilité.

Pourquoi les bus électriques ne sont-ils pas installés dans toutes les communes ? 

Il y a tout d'abord l'aspect financier. En effet, un bus électrique coûte deux fois plus cher qu'un bus à moteur thermique. Des alternatives existent cependant pour permettre aux communes d'investir dans ce secteur. Grâce à la Banque des Territoires et l'aide européenne, une offre de financement appelée Oblibus permet aux pouvoirs publics de se diriger vers l'électrique.

Ces prêts à taux variable aident les communes à acquérir une flotte électrique. Pour expliquer ce fonctionnement, les taux baissent lorsque le coût de l'électricité augmente. La métropole de Brest ainsi que l'île d'Yeu ont utilisé ce système. David Bourdier, directeur général d'Oblibus, explique que cette offre apporte une compensation. Les collectivités se retrouvent moins exposées à la hausse des prix.

Alternatives locales

Il est encore difficile d'imaginer l'ensemble des communes françaises proposer un service de ramassage scolaire 100 % vert. Si la commune de Neuilly-sur-Seine s'est dotée d'un bus électrique permettant d'emmener les enfants de l'école à leurs activités extrascolaires par exemple, d'autres ont pris un autre virage.

Le concept « vélobus » prend tout doucement sa place dans le paysage de la mobilité. L'agglomération de Seine-Eure (Normandie) a fait le choix d'installer ce système via l'entreprise S'Cool Bus. Un conducteur peut transporter huit enfants où chacun est muni d'un casque et d'un gilet jaune. Un bus à ciel ouvert, également imaginé par la société Humbird et son Woodybus. Une structure en bois pour de courts trajets neutres en carbone.

Mais dans les grandes villes, le développement est plus compliqué. Outre l'aspect financier, les bus doivent également être sûrs. L'électrique dans le transport scolaire prend du temps. En dehors de nos frontières, le constructeur BYD a imaginé un bus électrique pouvant fournir de l'électricité à une salle de classe pendant les heures de cours. Les idées sont là, mais faut-il encore les concrétiser ! Si les bus électriques arrivent sur le marché, il faudra répondre à une autre problématique : la pénurie de chauffeurs.

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