Santé publique : Le vélo électrique au vert, la trottinette dans le rouge

Santé publique : Le vélo électrique au vert, la trottinette dans le rouge©Shutterstock, Media365
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, publié le 2 janvier

D'après une étude barcelonaise, le vélo électrique apporterait des bénéfices similaires au vélo musculaire en matière d'activité physique. Tout le contraire de la trottinette...



La trottinette électrique est-elle mauvaise pour la santé ? C'est la question que nous sommes en droit de nous poser après la sortie d'une étude barcelonaise sur l'activité physique et la mobilité douce. Alors que les recommandations de l'OMS (Organisation mondiale de la santé) sont formelles - effectuer une activité physique d'environ 30 minutes par jour est bon pour la santé - l'utilisation de certains engins ne serait pas si bénéfique pour notre coeur et notre esprit.

Une différence (peu évidente) entre le vélo musculaire et électrique

Le rapport de nos voisins catalans, mené sur 39 individus et 502 trajets, démontre des disparités entre l'utilisation d'un vélo musculaire ou électrique, et l'usage d'une trottinette électrique. Premier constat : l'utilisation entre un deux-roues classique (2,66 MET*) et un VAE électrique (2,55 MET*) est similaire en matière d'activité physique. Le vélo musculaire devance de seulement 1 % son homologue. Conclusion, rouler avec une assistance électrique reste bénéfique pour l'organisme.

La trottinette (presque) rejetée !

La deuxième conclusion (plus inquiétante) concerne l'utilisation de la trottinette électrique. L'étude signale que « la trottinette électrique ne peut être considérée comme un mode de transport actif ». En effet, l'activité physique sur ce genre d'engin est réduite, puisque les seules actions de freinage et d'accélération permettent de le faire fonctionner. Attention tout de même à relativiser toutes ces données. Utiliser une trottinette électrique ne veut pas dire qu'aucune activité physique n'est observée, mais ces phases « sédentaires » sont plus extrêmes que sur un vélo musculaire.

La dangerosité

Il faut donc prendre du recul avec l'étude espagnole. En effet, l'échantillon analysé (faible car 500 personnes) ainsi que l'environnement dans lequel ces personnes ont roulé (de courts trajets) ne permettent pas d'être catégoriques sur ce sujet. En revanche, l'étude donne un ordre d'idée en matière de mobilité douce. Le vélo serait bénéfique dans son usage global pour la santé, alors que la trottinette apparaît encore comme contre-productive et dangereuse dans l'espace public. Entre 2019 et 2021, les accidents mortels sont passés de 10 à 22 en France. Avec une augmentation des blessés légers, l'encadrement reste encore l'enjeu des politiques de micromobilité.

MET* : cette valeur, nommée tâche métabolique par minute, calcule la dépense énergétique d'une activité physique.

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