Paris dit " non " aux trottinettes électriques en libre-service

Paris dit " non " aux trottinettes électriques en libre-service©Panoramic, Media365
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, publié le 3 avril

Les Parisiennes et Parisiens se sont exprimés ce dimanche 2 avril 2023 pour l'arrêt des trottinettes électriques en libre-service. Paris devient la première capitale européenne à prendre cette décision.



La mobilité prend un nouveau virage à Paris. La consultation citoyenne sur la poursuite des trottinettes en libre-service dans la capitale a rendu son verdict : le NON l'emporte à 89,03 % !

Les opérateurs de trottinettes en libre-service craignaient une faible participation dans les urnes ce dimanche. Sans surprise, les électeurs parisiens étaient 103 084 à se déplacer dans les 203 bureaux de vote.

Résultat sans appel

La « votation citoyenne » organisée par la mairie de Paris était ouverte de 9h à 19h, pour savoir si les deux-roues continueraient leurs parcours dans les rues de la capitale. Mais le sujet, qui pourtant divise les habitants, n'a pas réuni la foule espérée. Cinq ans après, les opérateurs Lime, Tier et Dottvont quitter Paris au 1er septembre 2023 et prennent acte de ce résultat. Le contrat qui arrivait à échéance ne sera pas renouvelé.

Sur les 1 382 322 personnes inscrites sur les listes électorales, moins de 7,5 % se sont exprimées :

Bulletin « Pour les trottinettes en libre-service » : 10,97 % des suffrages exprimés.
Bulletin « Contre les trottinettes en libre-service » : 89,03 % des suffrages exprimés.
Nombre de bulletins blancs et nuls : 443.

Un scrutin contesté et contestable ?

La Maire de Paris, Anne Hidalgo a tenu à remercier les Parisiennes et Parisiens, qui ont répondu présents, soulignant la réussitedémocratique de cette première votation.

« Une fois de plus, Paris innove. Leur message très clair devient dès à présent notre feuille de route. Avec mon équipe, nous donnerons suite à leur décision comme je m'y étais engagée », a-t-elle précisé.

Mais depuis l'annonce de ce vote, les utilisateurs et sociétés de trottinettes électriques en libre-service ont montré leur mécontentement à tout point de vue.

Dans un premier temps, le vote dans les urnes n'a pas été bien accueilli. Procuration et vote en ligne n'étaient pas possibles, ce qui n'a pas incité les plus jeunes électeurs à se déplacer. Des modalités qui ont rendu ce vote restreint comme l'a souligné la directrice des affaires publiques chez Dott : « au-delà de ne pas pouvoir donner une procuration pour ce vote, il y a l'exclusion des Franciliens voisins, également utilisateurs de nos produits dans Paris, qui n'est pas une bulle ».

Pour l'adjoint à la mairie de Paris en charge des transports, David Belliard, cette « innovation démocratique » permet à chacun de s'exprimer qu'il soit utilisateur ou non.

Il y a quelques semaines, Lime avait tenté d'attirer des électeurs en contrepartie de minutes gratuites sur ses trottinettes électriques.

Pas de statu quo pour les opérateurs

Pour Erwann Le Page, directeur des affaires publiques chez Tier, la question fermée de ce vote ne permet pas de discussions parallèles, quant à l'amélioration du service. Pourtant, des régulations ont été mises en place depuis le lancement des opérateurs sur le marché. Stationnements dans des zones spécifiques, contrôle de l'âge, immatriculations... tant de propositions qui n'auront pas convaincu la municipalité.

Et maintenant ?

Le dernier point sur lequel il faut s'interroger concerne l'avenir des milliers d'utilisateurs de trottinettes électriques en libre-service. Pour Lime, « supprimer les trottinettes, c'est ramener les utilisateurs vers des transports en commun déjà saturés ». Selon un rapport de la ville de Paris, datant de 2022, « 19 % des utilisateurs se reporteraient vers des transports motorisés », si ce service de deux-roues venait à disparaître.

Les trottinettes personnelles ne font pas partie de cette consultation. Il faut désormais savoir si un nouvel appel d'offres sera émis par la ville ou si d'autres moyens seront mis en place. En attendant, Anne Hidalgo a annoncé que d'autres votations seront organisées pour s'intéresser à « la vie quotidienne des Parisiens ».

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