Mobilité : où en est l'accessibilité en France pour les PMR ?
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En 2025, le pays poursuit ses efforts pour rendre les transports publics plus accessibles aux personnes à mobilité réduite (PMR). Les inégalités restent pourtant présentes...
Depuis la LOM (Loi d'Orientation des Mobilités), l'accès des titulaires de la carte Mobilité Inclusion (CMI) - invalidité aux services de transport spécialisé (TPMR) est garanti sans conditions de résidence ni de commission médicale. La loi impose également des tarifs préférentiels pour les accompagnateurs, parfois jusqu'à la gratuité. En France, on estime à 12 millions le nombre de personnes en situation de handicap. Parmi elles, 3,5 millions sont des PMR, dont environ 650 000 en fauteuil roulant.
Des réseaux existants, mais esseulés
Selon une enquête 2023, 103 réseaux sur 150 disposent d'un service TPMR, soit environ 69 % des réseaux urbains. Certaines régions comme l'Île-de-France, la Normandie ou l'Auvergne-Rhône-Alpes ont mis en place des TPMR interurbains avec des conditions dédiées. En Île-de-France, l'accès aux transports pour les PMR évolue positivement, puisque les tramways sont entièrement adaptés, tandis que des services privés et publics comme les taxis G7, le réseau Ulysse (1er réseau français de transport et accompagnement des PMR) ou encore le service PAM (Pour Aider à la Mobilité), qui fonctionne comme une réservation à la demande, transportent au quotidien des centaines de personnes dans le besoin. Malgré leur existence, le maillage reste partiel. En dehors des grandes métropoles, trop peu de services de ce type voient le jour.
Des freins majeurs
Le service d'aide à la mobilité pour les PMR reste limité et trop local. Outre les inégalités territoriales, le coût des aménagements constitue un obstacle majeur. Alors que les Jeux olympiques de Paris 2024 devaient servir de tremplin, l'accès complet au métro se fait encore attendre : de nombreuses stations, notamment à Paris, ne sont pas aux normes, et les installations existantes nécessitent un entretien constant, comme les ascenseurs, rampes et trottoirs. Certaines solutions doivent également faire face à des retards de navettes, des courses annulées ou des trajets partagés non rentables.
Vers une mobilité plus inclusive
La France avance, mais le chemin vers une mobilité pleinement inclusive reste semé d'obstacles. Les collectivités, les opérateurs et les usagers sont chacun partie prenante dans ce vaste chantier pour que la mobilité de demain soit vraiment accessible à tous. Les usagers concernés ne connaissent pas toujours les services disponibles. Pour dépasser ces contraintes, il faudra une meilleure formation des conducteurs et une sensibilisation quotidienne aux difficultés rencontrées par les PMR.
publié le 30 novembre à 09h20, Thibaut Simon, Media365